Excommunia le marquis et imposa la reconstruction.
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre d’Aurelle, située à Aurelle-Verlac (Aveyron, Occitanie), fut édifiée au 4e quart du XIVe siècle, après un épisode violent marqué par sa destruction en 1382. Le marquis de Beaufort, baron d’Aurelle, ordonna sa démolition sous prétexte de l’arrivée des Anglais, avant d’être contraint par l’évêque local de la reconstruire en un an (achevée en 1384). L’édifice réutilisa des éléments anciens et fut érigé au cœur du village, devenant le centre paroissial d’un hameau aujourd’hui disparu.
Architecturalement, l’église présente une nef à trois travées prolongée par un chœur et une abside voûtée en cul-de-four. Sa façade occidentale arbore un portail gothique, tandis qu’un clocher-mur ajouré, coiffé d’une toiture à quatre pans, surmonte la jonction entre la nef et l’abside. Le toit, couvert de lauzes (pierres plates typiques), et l’abside voûtée reflètent les techniques locales. Classée Monument Historique en 1978, elle illustre l’adaptation des formes gothiques aux contraintes rurales du Rouergue.
L’histoire de l’église est liée à des enjeux politico-religieux : la destruction initiale par le marquis de Beaufort, suivie de son excommunication, révèle les tensions entre pouvoir seigneurial et autorité ecclésiastique à la fin du Moyen Âge. La reconstruction rapide (1384) symbolise aussi la résilience des communautés locales, dépendantes de leur lieu de culte pour la vie sociale et spirituelle. Aujourd’hui propriété communale, l’édifice reste un témoignage matériel de cette période troublée, entre guerres et reconstruction.
La localisation exacte de l’église, signalée dans la base Mérimée sous le code Insee 12224, correspond à l’adresse 12130 Aurelle-Verlac, bien que des coordonnées GPS approximatives la placent près de Saint-Geniez-d’Olt-et-d’Aubrac. Son plan simple (nef unique, abside semi-circulaire) et son décor sobre (portail gothique, lauzes) en font un exemple caractéristique des petites églises rurales aveyronnaises, adaptées aux ressources locales et aux besoins d’une paroisse modeste, aujourd’hui disparue.