Frise chronologique
Ve siècle (vers 475–500)
Fondation paléochrétienne
Fondation paléochrétienne
Ve siècle (vers 475–500) (≈ 488)
Église dédiée à Pierre et Paul par Petrus.
1113
Mention de la chapelle de la Trinité
Mention de la chapelle de la Trinité
1113 (≈ 1113)
Bulle du pape Pascal II.
1166
Cession au chapitre de Saint-Trophime
Cession au chapitre de Saint-Trophime
1166 (≈ 1166)
Intégration au patrimoine religieux arlésien.
1536
Destruction par les Arlésiens
Destruction par les Arlésiens
1536 (≈ 1536)
Crainte de l’invasion de Charles Quint.
Fin XVIe – début XVIIe siècle
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
Fin XVIe – début XVIIe siècle (≈ 1725)
Ancienne basilique devenue sacristie.
Années 1840
Isolement par le chemin de fer
Isolement par le chemin de fer
Années 1840 (≈ 1840)
Ligne Lyon-Marseille creuse une falaise.
4 mars 1998
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
4 mars 1998 (≈ 1998)
Protection de la chapelle et de son environnement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle de plan tréflé ayant servi de sacristie en totalité, l'abside de l'ancienne église en totalité, les façades et les toitures de l'ensemble y compris celles du prieuré ainsi que le sol de la parcelle et les parois rocheuses (cad. AT 143, 144, 227) : inscription par arrêté du 4 mars 1998
Personnages clés
| Petrus - Fondateur présumé (Ve siècle) |
Inscrit sur une épitaphe de 530. |
| Sixte III - Pape (432–440) |
Inspiration pour la double titulature. |
| Fernand Benoit - Historien (XXe siècle) |
A étudié les cancels paléochrétiens. |
| Charles Quint - Empereur (XVIe siècle) |
Menace ayant causé la destruction. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Mouleyrès, fondée au Ve siècle dans les Alyscamps d’Arles, était dédiée aux apôtres Pierre et Paul. Une inscription funéraire attribuée à un certain Petrus (530) confirme son origine paléochrétienne. Selon l’historien Fernand Benoit, sa double titulature s’inspire de la basilique romaine San Pietro in Vincoli, reconstruite par le pape Sixte III (432–440). Dès sa fondation, le site attire des inhumations, devenant un pôle funéraire majeur hors des remparts de la ville.
Au Moyen Âge, l’église est entourée de l’Hôpital des Pèlerins de Saint-Jacques et de la chapelle de la Trinité (mentionnée en 1113), formant un ensemble connu sous le nom de Fabregoule. En 1166, elle est cédée au chapitre de Saint-Trophime, puis rattachée à la paroisse de Saint-Michel-de-l'Escale en 1390 après sa ruine partielle. Un ermite en aurait assuré l’entretien au XIVe siècle, dans un contexte d’isolement géographique.
Aux XVIe–XVIIe siècles, l’église est détruite en 1536 par les Arlésiens pour empêcher son usage par les troupes de Charles Quint. Reconstruite à la charnière des deux siècles, elle intègre l’ancienne basilique paléochrétienne comme sacristie. Le percement du canal de Craponne (XVIe siècle) et, plus tard, de la ligne de chemin de fer Lyon-Marseille (années 1840) isolent définitivement le site, suspendu au-dessus des voies ferrées. L’église, vendue à la Révolution, est aujourd’hui un monument historique inscrit (1998), dernier témoin avec Saint-Honorat et la chapelle de la Genouillade des oratoires des Alyscamps.
L’édifice présente une façade du XVIIe siècle et une abside trilobée héritée de sa phase paléochrétienne. Des fouilles du XIXe siècle ont révélé des vestiges majeurs, dont deux plques de cancel paléochrétiennes (VIe siècle) décorées de motifs géométriques, aujourd’hui dispersées entre les musées d’Arles, Avignon, Marseille et Genève. Ces éléments, rares en France, illustrent l’importance artistique du site.
Située 12 bis rue Mansard à Arles, la chapelle est désormais une propriété privée, inaccessible au public. Son histoire reflète les transformations urbaines et religieuses de la ville, des Alyscamps antiques à l’industrialisation moderne.