Origine et histoire
L’ancienne enceinte fortifiée de Mantes-la-Jolie, édifiée entre le XIIIe et le XVe siècle, comprend des éléments défensifs majeurs comme la tour Saint-Martin et la Poterne dite Porte aux Prêtres. La tour, construite en moellons irréguliers, adopte un plan en fer à cheval de 15 mètres de long, avec des murs épais de 4 mètres. Ses caractéristiques architecturales incluent des chaînages en calcaire jaune, des machicoulis, et des voûtes d’ogives flamboyantes au rez-de-chaussée et à l’étage. Initialement en saillie sur le rempart pour protéger le prieuré Saint-Martin, elle fut transformée après le XVIIIe siècle en habitation, puis en lieu de stockage, avant d’être abandonnée. Son état actuel est dégradé, envahi par la végétation, malgré son inscription aux Monuments Historiques en 1965 et son rachat par la ville en 2018.
La tour Saint-Martin joue un rôle clé dans l’histoire locale, notamment lors de la libération de Mantes en 1449. Sous occupation anglaise (1419–1449), les habitants s’emparèrent de la tour pour permettre l’entrée des troupes françaises, marquant la fin du siège. Des remaniements sont attestés en 1476, avec des interventions de maçons locaux pour réparer l’édifice, déjà construit avec des matériaux de médiocre qualité. Les dates de construction proposées varient entre 1433 et 1446, selon les sources (Lavall, 1997 ; chronique d’Aubé, 1718–1719). La tour, aujourd’hui en retrait de la rue des Martraits, témoigne de l’architecture militaire médiévale et des conflits franco-anglais en Île-de-France.
La Poterne dite Porte aux Prêtres, datée du XIIIe siècle, complète cet ensemble défensif. Les deux éléments (porte et tour) sont protégés depuis les années 1950–1960 : la poterne en 1955 et la tour en 1965. Leur préservation reste un enjeu, la précision de leur localisation étant jugée « passable » (note 5/10). Les coordonnées GPS les situent près du 34 rue des Martraits, bien que l’adresse officielle mentionne aussi la rue des Tanneries et le quai des Cordeliers. Propriété communale, la tour n’est pas ouverte à la visite en raison de son état d’abandon.
L’étude de Nicolas Faucherre (2000) révèle des détails techniques, comme les canonnières et les culots ouvragés des voûtes, typiques du style flamboyant. Le sous-sol et l’étage, très dénaturés, ont fait l’objet d’une reconstitution hypothétique. Les matériaux utilisés — moellons de tout-venant et calcaire jaune — reflètent les contraintes de l’époque, notamment lors des réparations de 1476, où le manque de pierres de qualité est documenté. La tour illustre ainsi les défis de la conservation du patrimoine médiéval, entre dégradation naturelle et transformations successives.
Le contexte historique de Mantes-la-Jolie au XVe siècle est marqué par les guerres franco-anglaises, avec une occupation prolongée (1419–1449). La ville, stratégique sur la Seine, subit des sièges et des reconstructions, comme en témoigne la tour Saint-Martin. Après la destruction partielle des fortifications au XVIIIe siècle, les vestiges deviennent des espaces utilitaires avant d’être reconnus comme monuments. Leur inscription tardive (XXe siècle) souligne un intérêt patrimonial croissant, bien que leur accessibilité reste limitée.