Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Ancienne enceinte fortifiée à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines

Ancienne enceinte fortifiée

  • 32 Rue des Martraits
  • 78200 Mantes-la-Jolie
Ancienne enceinte fortifiée
Ancienne enceinte fortifiée
Ancienne enceinte fortifiée
Ancienne enceinte fortifiée
Ancienne enceinte fortifiée
Crédit photo : MONIER - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
34 Rue des Martraits 78200 Mantes-la-Jolie

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Construction de la Poterne (Porte aux Prêtres)
1419–1449
Occupation anglaise de Mantes
1449
Libération de Mantes
26 août 1476
Réparations documentées
XVIIIe siècle
Destruction partielle des fortifications
11 octobre 1965
Inscription Monument Historique
2018
Rachat par la ville
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties anciennes de la poterne dite Porte aux Prêtres (cad. B 31p) : inscription par arrêté du 30 décembre 1955 - L'ancienne porte fortifiée dite "Tour Saint-Martin", sise 47, rue Porte-aux-Saints (B 555, 556p) : inscription par arrêté du 11 octobre 1965

Personnages clés

Nicolas Faucherre - Historien et architecte A étudié et reconstitué la tour (2000).
Lavall - Historien (source 1997) Propose la date de 1433.
Aubé - Chroniqueur (1718–1719) Évoque la date de 1446.

Origine et histoire

L’ancienne enceinte fortifiée de Mantes-la-Jolie, édifiée entre le XIIIe et le XVe siècle, comprend des éléments défensifs majeurs comme la tour Saint-Martin et la Poterne dite Porte aux Prêtres. La tour, construite en moellons irréguliers, adopte un plan en fer à cheval de 15 mètres de long, avec des murs épais de 4 mètres. Ses caractéristiques architecturales incluent des chaînages en calcaire jaune, des machicoulis, et des voûtes d’ogives flamboyantes au rez-de-chaussée et à l’étage. Initialement en saillie sur le rempart pour protéger le prieuré Saint-Martin, elle fut transformée après le XVIIIe siècle en habitation, puis en lieu de stockage, avant d’être abandonnée. Son état actuel est dégradé, envahi par la végétation, malgré son inscription aux Monuments Historiques en 1965 et son rachat par la ville en 2018.

La tour Saint-Martin joue un rôle clé dans l’histoire locale, notamment lors de la libération de Mantes en 1449. Sous occupation anglaise (1419–1449), les habitants s’emparèrent de la tour pour permettre l’entrée des troupes françaises, marquant la fin du siège. Des remaniements sont attestés en 1476, avec des interventions de maçons locaux pour réparer l’édifice, déjà construit avec des matériaux de médiocre qualité. Les dates de construction proposées varient entre 1433 et 1446, selon les sources (Lavall, 1997 ; chronique d’Aubé, 1718–1719). La tour, aujourd’hui en retrait de la rue des Martraits, témoigne de l’architecture militaire médiévale et des conflits franco-anglais en Île-de-France.

La Poterne dite Porte aux Prêtres, datée du XIIIe siècle, complète cet ensemble défensif. Les deux éléments (porte et tour) sont protégés depuis les années 1950–1960 : la poterne en 1955 et la tour en 1965. Leur préservation reste un enjeu, la précision de leur localisation étant jugée « passable » (note 5/10). Les coordonnées GPS les situent près du 34 rue des Martraits, bien que l’adresse officielle mentionne aussi la rue des Tanneries et le quai des Cordeliers. Propriété communale, la tour n’est pas ouverte à la visite en raison de son état d’abandon.

L’étude de Nicolas Faucherre (2000) révèle des détails techniques, comme les canonnières et les culots ouvragés des voûtes, typiques du style flamboyant. Le sous-sol et l’étage, très dénaturés, ont fait l’objet d’une reconstitution hypothétique. Les matériaux utilisés — moellons de tout-venant et calcaire jaune — reflètent les contraintes de l’époque, notamment lors des réparations de 1476, où le manque de pierres de qualité est documenté. La tour illustre ainsi les défis de la conservation du patrimoine médiéval, entre dégradation naturelle et transformations successives.

Le contexte historique de Mantes-la-Jolie au XVe siècle est marqué par les guerres franco-anglaises, avec une occupation prolongée (1419–1449). La ville, stratégique sur la Seine, subit des sièges et des reconstructions, comme en témoigne la tour Saint-Martin. Après la destruction partielle des fortifications au XVIIIe siècle, les vestiges deviennent des espaces utilitaires avant d’être reconnus comme monuments. Leur inscription tardive (XXe siècle) souligne un intérêt patrimonial croissant, bien que leur accessibilité reste limitée.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours