Ancienne filature dite Maison Rouge à Saint-Jean-du-Gard dans le Gard

Ancienne filature dite Maison Rouge

  • 30270 Saint-Jean-du-Gard
Ancienne filature dite Maison Rouge
Ancienne filature dite Maison Rouge
Ancienne filature dite Maison Rouge
Ancienne filature dite Maison Rouge
Ancienne filature dite Maison Rouge
Ancienne filature dite Maison Rouge
Ancienne filature dite Maison Rouge
Crédit photo : Liliane DELATTRE - Sous licence Creative Commons
Propriété d'un établissement public

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1838
Construction initiale
1839
Changement de propriétaire
1844
Médaille d'exposition
1855
Médaille d'exposition
1881
Agrandissement majeur
1900
Nouveau propriétaire
1922
Ajout d'un atelier
1957
Modernisation du matériel
1960
Fermeture de la filature
2003
Inscription historique
2018
Ouverture du musée
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le bâtiment en totalité, à l'exclusion de l'atelier construit en 1975 au sud, ainsi que le parc avec la tour de l'éolienne et le salon de thé (cad. AB 948) : inscription par arrêté du 10 février 2003

Personnages clés

Léon Molines Fondateur de la filature en 1838.
Louis Soubeyrand Propriétaire de la filature à partir de 1839.
Daniel Travier Collecteur des objets présentés dans le musée.

Origine et histoire

Construite en 1838 par Léon Molines, l'ancienne filature dite Maison Rouge est une filature de soie devenue un équipement muséal. Agrandie en 1881 par la société Camel frères de Lyon, elle a fait l'objet de modifications successives jusqu'à l'arrêt de l'activité dans les années 1960 (les sources mentionnent parfois 1964, 1965 ou 1966). La filature a été cédée à Louis Soubeyrand en 1839, puis à la société civile Tresca en 1900, avant de passer en 1922 à la Société Immobilière et Industrielle de Produits Textiles à Lyon, qui a ajouté un atelier sous sheds à l'est. Elle a obtenu des médailles aux expositions de 1844 et 1855. D'un point de vue technique, l’installation a évolué : chaudière Pellat en cuivre pour 100 bassines en 1838, puis 106 bassines et une chaudière plus volumineuse en 1844, autorisation en 1851 pour deux chaudières cylindriques et une machine à vapeur de 8 chevaux, deux nouvelles chaudières en 1858, et une mise à niveau en 1957 avec du matériel de filature japonais. L'organisation intérieure tient compte des contraintes de charges, d'éclairage et d'évacuation, chaque étage ayant des fonctions précises liées au procédé de filature. Le parc attenant constitue un élément singulier dans cette architecture industrielle ; sur la terrasse dominant le Gardon sont implantés deux petits édifices, l'éolienne et le salon de thé, tandis que la maison du directeur et le bâtiment de logement des ouvrières complètent l'ensemble. Implantée à Saint-Jean-du-Gard, la Maison Rouge s'inscrit dans l'importance locale de l'industrie de la soie : en 1856 la commune comptait 23 filatures et une main-d'œuvre largement féminine, la plantation de mûriers alimentant les entreprises textiles lyonnaises remontant au XVIIIe siècle. L'ancienne filature a été présentée comme la première filature industrielle de soie en France et, au milieu du XIXe siècle, environ 150 femmes y travaillaient ; elle est souvent citée comme la dernière filature de soie à fermer en France. Après sa désaffectation, le bâtiment a accueilli un atelier et un magasin de meubles en bois de la S.A. Ets Travier. Inscrite au titre des monuments historiques en 2003, la Maison Rouge a été aménagée pour accueillir le Musée des vallées cévenoles ; l'inauguration officielle a eu lieu en septembre 2017 et le musée a ouvert ses portes le 29 mars 2018, sous la gestion de la communauté d'agglomération Alès Agglomération. Le musée présente près de 10 000 objets collectés par Daniel Travier, dans une muséographie contemporaine qui aborde la vie quotidienne, l'agriculture, l'élevage, l'artisanat et l'industrie locale ; un grand volume de pierre récent dialogue avec le bâtiment rénové de la filature. Des expositions temporaires prolongent le parcours en le reliant à des problématiques actuelles, avec des thèmes comme le design (Pierre Paulin), l'animalité (Sauvages ?) ou l'artisanat d'art (Marie Leclère). Un fonds d'archives privées y est également conservé.

Liens externes