Frise chronologique
1835
Fondation de la filature
Fondation de la filature
1835 (≈ 1835)
Première filature de lin avec machine à vapeur.
1845-1847
Reconstruction par Fairbairn
Reconstruction par Fairbairn
1845-1847 (≈ 1846)
Bâtiment moderne en brique et métal.
11 août 1857
Visite impériale
Visite impériale
11 août 1857 (≈ 1857)
Napoléon III et Eugénie visitent le site.
1859
Rachat par Pouyer-Quertier
Rachat par Pouyer-Quertier
1859 (≈ 1859)
Transformation en filature de coton.
1932
Faillite et rachat par l'État
Faillite et rachat par l'État
1932 (≈ 1932)
Devenue caserne Tallandier.
1945
Accueil du bataillon Six Triple Eight
Accueil du bataillon Six Triple Eight
1945 (≈ 1945)
Postières afro-américaines pendant 6 mois.
11 avril 2003
Classement monument historique
Classement monument historique
11 avril 2003 (≈ 2003)
Protection de la Grande Fabrique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne filature, à savoir le bâtiment de la Grande Fabrique et le bâtiment des machines (cad. AL 151) : inscription par arrêté du 11 avril 2003
Personnages clés
| William Fairbairn - Ingénieur |
Conçoit la filature moderne en 1845. |
| Eugène Bazile - Manufacturier et gérant |
Fondateur initial, remplacé en 1846. |
| John Peter - Filateur écossais |
Remplace Bazile comme gérant en 1846. |
| Louis Lebaudy - Négociant et commanditaire |
Investisseur clé avec son frère Adolphe. |
| Alexandre Goüin - Banquier |
Commanditaire via la Banque Goüin. |
| Pouyer-Quertier - Industriel et homme politique |
Rachète la filature en 1859. |
Origine et histoire
L’ancienne filature La Foudre, située au Petit-Quevilly, est fondée en 1835 comme usine de lin utilisant une machine à vapeur récupérée du remorqueur La Foudre. Cette première installation marque le début d’une aventure industrielle ambitieuse, portée par des acteurs locaux et des investisseurs parisiens. La filature est reconstruite en 1845-1847 selon les plans de l’ingénieur anglais William Fairbairn, spécialiste des bâtiments industriels ignifuges en brique et métal. Avec 150 mètres de long et des équipements modernes, elle devient l’une des plus grandes et avancées unités textiles de France, attirant même la visite de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie en 1857.
La société initiale, Lebaudy, Peter et Cie, rassemble des figures influentes comme le manufacturier Eugène Bazile (remplacé par John Peter en 1846), le négociant Louis Lebaudy, et des banquiers parisiens tels Samuel Oppenheim et Alexandre Goüin. Malgré son prestige, la filature subit un revers en 1848 avec la faillite de la Caisse générale du commerce et de l’industrie, liée à ses commanditaires. Rachatée en 1859 par l’industriel Pouyer-Quertier, elle se reconvertit dans le coton et emploie jusqu’à 700 personnes, avant de fermer définitivement en 1932.
Après sa faillite, l’État acquiert le site en 1932 pour en faire la caserne Tallandier, active jusqu’en 1999. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1945, elle accueille temporairement le bataillon afro-américain Six Triple Eight, chargé de trier le courrier des soldats. Classée monument historique en 2003 pour son architecture pionnière (poteaux de fonte, voûtains métalliques), la filature est aujourd’hui reconvertie en pépinière d’entreprises sous le nom Seine Innopolis, préservant ainsi son héritage industriel.
Le bâtiment principal, La Grande Fabrique, et le bâtiment des Machines (remis à neuf en 1893) subsistent comme témoignages de cette époque. Leur conception audacieuse, combinant brique et structure métallique, a marqué les contemporains et en fait un joyau du patrimoine industriel français. Le site illustre aussi les mutations économiques de la Normandie, passant de l’âge d’or textile au XXe siècle à une vocation moderne d’innovation et d’entrepreneuriat.