Origine et histoire
La gare de Néris-les-Bains, inaugurée en 1931 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO), fut conçue par l'architecte Louis Brachet pour desservir la station thermale. Sa construction, débutée en 1929, utilisa des pierres roses veinées de jaune, un matériau rare non local, et fut marquée par des retards dus à des livraisons tardives. Malgré son ouverture, la gare ne connut qu'une brève exploitation ferroviaire : le service voyageurs régulier cessa en 1939, bien que des trains saisonniers parisiens continuèrent à la desservir jusqu'en 1957.
Le bâtiment, inscrit aux monuments historiques en 1975, fut racheté par la commune la même année pour devenir une salle polyvalente nommée Le Pavillon du Lac. Entre 2005 et 2009, une restauration complète, incluant une extension en verre sur l'emplacement des anciens quais, le transforma en un centre socioculturel moderne. L'architecte Anne Kergrohenn supervisa notamment la rénovation à l'identique de la toiture, tandis que l'agence Nicolas C. Guillot conçut le projet global livré en 2009.
La ligne ferroviaire, déclassée en 1972, reliait initialement Montluçon à Gouttières, avec Néris-les-Bains comme halte stratégique pour les curistes. La gare, dotée de deux voies à quai et d'une voie centrale, reflétait l'importance thermale de la ville, malgré le déclin précoce de son trafic. Son architecture éclectique, mêlant pavillons de hauteurs variées et un fronton triangulaire abritant une horloge, en fait un témoignage unique du patrimoine ferroviaire des années 1930.
Aujourd'hui, le Pavillon du Lac symbolise la reconversion réussie d'un édifice industriel en équipement culturel. La pierre rose, choisie pour sa singularité, et les détails Art déco rappellent son passé ferroviaire, tandis que sa nouvelle vocation en fait un lieu central de la vie locale. Les travaux de 2005-2009 ont préservé son identité historique tout en l'adaptant aux besoins contemporains, illustrant une approche patrimoniale équilibrée.
Les entreprises Léauté (construction) et Payard (fourniture de pierres) jouèrent un rôle clé dans l'édification de la gare, sous la direction de la Compagnie PO. Le retard initial des pierres de taille, provenant de Vallon-en-Sully, retardèrent légèrement les finitions, achevées juste avant l'ouverture. Ce détail révèle les défis logistiques de l'époque, contrastant avec la rapidité de sa désaffectation ferroviaire, liée au déclin thermal des années 1930-1940.