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Ancienne léproserie à Reichshoffen dans le Bas-Rhin

Ancienne léproserie

    51B Rue de Strasbourg
    67110 Reichshoffen
Propriété de la commune
Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
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Ancienne léproserie
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Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
Ancienne léproserie
Crédit photo : © Ralph Hammann - Wikimedia Commons - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
994
Première mention écrite
XIIIe–XIVe siècles
Reconstruction gothique
1742
Retrait des bas-reliefs
XVIIe siècle
Abandon progressif
1826
Découverte d’une stèle
1990
Classement MH
2011
Fouilles archéologiques
2014
Restauration par la SHARE
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Vestiges de l'église, dite Heidenkirche (cad. 14 139) : inscription par arrêté du 6 mars 1990

Personnages clés

Otton III - Empereur du Saint-Empire Donateur de la chapelle en 994.
Jean-Daniel Schoepflin - Historien (1694–1771) A retiré deux bas-reliefs en 1742.
Bernard Rombourg - Président de la SHARE A localisé la léproserie via des cartes anciennes.

Origine et histoire

L’ancienne léproserie de Reichshoffen est souvent confondue avec l’Altkirch, une église médiévale dont seule subsiste une tour gothique appelée Heidenkirche. Bien que les textes mentionnent une léproserie, son emplacement exact a été localisé au sud du ban communal grâce à des cartes anciennes et au toponyme « Gutleuthaus » présent dans le cadastre napoléonien. L’Altkirch, quant à elle, se dresse sur une butte près de la rue des Prés, intégrant des vestiges gallo-romains comme un bas-relief dédié à Mercure réemployé dans sa maçonnerie.

L’édifice actuel date principalement des XIIIe et XIVe siècles, période où une chapelle romane fut reconstruite en style gothique par l’abbaye de Sturzelbronn, probablement pour affirmer ses droits sur les terres et la dîme. Des fouilles archéologiques en 2011 ont révélé un cimetière fortifié médiéval (XIIIe siècle) entouré d’un mur épais et d’un fossé, utilisé jusqu’au XVIIe siècle. La nef, détruite avant le XVIIIe siècle, a été partiellement matérialisée lors de restaurations récentes (2014) par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Reichshoffen (SHARE).

Le site de l’Altkirch possède une origine antique probable : des traces de parcelles romaines (centuries) et de nombreuses stèles dédiées à Mercure, conservées aujourd’hui au musée archéologique de Strasbourg, suggèrent qu’un temple païen occupait autrefois ce promontoire. La première mention écrite de l’Altkirch remonte à 994, lorsque l’empereur Otton III offrit une « capella in Richeneshoven » à l’abbaye de Seltz. L’église, abandonnée après la guerre de Trente Ans, fut progressivement remplacée par l’actuelle église Saint-Michel dans l’enceinte fortifiée.

Les vestiges visibles incluent le rez-de-chaussée de la tour-chœur (XIIIe–XIVe siècles), construit en moellons, briques et grès, ainsi que des éléments réemployés comme des stèles gallo-romaines. Deux bas-reliefs dédiés à Mercure, retirés en 1742 par l’historien Jean-Daniel Schoepflin, sont exposés au musée de Strasbourg. Un troisième, découvert en 1826, y est également conservé. Ces découvertes renforcent l’hypothèse d’une christianisation d’un ancien lieu de culte païen, bien qu’aucune preuve archéologique directe ne la confirme.

L’Altkirch illustre l’évolution religieuse et sociale de Reichshoffen : d’abord chapelle funéraire romane (Xe siècle), puis église paroissiale gothique (XIIIe–XVe siècles), elle fut finalement abandonnée au profit d’un lieu de culte intra-muros. Sa restauration en 2014 a permis de reconstituer partiellement son chœur à deux étages, tel qu’attesté par des dessins du XIXe siècle, et de matérialiser l’enceinte du cimetière médiéval.

Aujourd’hui propriété communale et classée monument historique depuis 1990, le site témoigne de la superposition des époques : temple romain hypothétique, église médiévale, et léproserie dont l’emplacement exact reste débattu. Les fouilles récentes et les archives (comme les plans du XVIIe siècle) continuent d’éclairer son histoire complexe, liée à l’abbaye de Sturzelbronn et aux transformations urbaines de Reichshoffen.

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