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Frise chronologique
994
Première mention écrite
Première mention écrite
994 (≈ 994)
Donation de la *« capella in Richeneshoven »* par Otton III.
XIIIe–XIVe siècles
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
XIIIe–XIVe siècles (≈ 1450)
Chapelle romane transformée par l’abbaye de Sturzelbronn.
1742
Retrait des bas-reliefs
Retrait des bas-reliefs
1742 (≈ 1742)
Schoepflin extrait deux stèles de Mercure.
XVIIe siècle
Abandon progressif
Abandon progressif
XVIIe siècle (≈ 1750)
Transfert de la paroisse vers Saint-Michel.
1826
Découverte d’une stèle
Découverte d’une stèle
1826 (≈ 1826)
Troisième bas-relief trouvé près de la tour.
1990
Classement MH
Classement MH
1990 (≈ 1990)
Inscription à l’Inventaire supplémentaire.
2011
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
2011 (≈ 2011)
Mise au jour du cimetière fortifié médiéval.
2014
Restauration par la SHARE
Restauration par la SHARE
2014 (≈ 2014)
Reconstitution partielle du chœur et de la nef.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges de l'église, dite Heidenkirche (cad. 14 139) : inscription par arrêté du 6 mars 1990
Personnages clés
| Otton III - Empereur du Saint-Empire |
Donateur de la chapelle en 994. |
| Jean-Daniel Schoepflin - Historien (1694–1771) |
A retiré deux bas-reliefs en 1742. |
| Bernard Rombourg - Président de la SHARE |
A localisé la léproserie via des cartes anciennes. |
Origine et histoire
L’ancienne léproserie de Reichshoffen est souvent confondue avec l’Altkirch, une église médiévale dont seule subsiste une tour gothique appelée Heidenkirche. Bien que les textes mentionnent une léproserie, son emplacement exact a été localisé au sud du ban communal grâce à des cartes anciennes et au toponyme « Gutleuthaus » présent dans le cadastre napoléonien. L’Altkirch, quant à elle, se dresse sur une butte près de la rue des Prés, intégrant des vestiges gallo-romains comme un bas-relief dédié à Mercure réemployé dans sa maçonnerie.
L’édifice actuel date principalement des XIIIe et XIVe siècles, période où une chapelle romane fut reconstruite en style gothique par l’abbaye de Sturzelbronn, probablement pour affirmer ses droits sur les terres et la dîme. Des fouilles archéologiques en 2011 ont révélé un cimetière fortifié médiéval (XIIIe siècle) entouré d’un mur épais et d’un fossé, utilisé jusqu’au XVIIe siècle. La nef, détruite avant le XVIIIe siècle, a été partiellement matérialisée lors de restaurations récentes (2014) par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Reichshoffen (SHARE).
Le site de l’Altkirch possède une origine antique probable : des traces de parcelles romaines (centuries) et de nombreuses stèles dédiées à Mercure, conservées aujourd’hui au musée archéologique de Strasbourg, suggèrent qu’un temple païen occupait autrefois ce promontoire. La première mention écrite de l’Altkirch remonte à 994, lorsque l’empereur Otton III offrit une « capella in Richeneshoven » à l’abbaye de Seltz. L’église, abandonnée après la guerre de Trente Ans, fut progressivement remplacée par l’actuelle église Saint-Michel dans l’enceinte fortifiée.
Les vestiges visibles incluent le rez-de-chaussée de la tour-chœur (XIIIe–XIVe siècles), construit en moellons, briques et grès, ainsi que des éléments réemployés comme des stèles gallo-romaines. Deux bas-reliefs dédiés à Mercure, retirés en 1742 par l’historien Jean-Daniel Schoepflin, sont exposés au musée de Strasbourg. Un troisième, découvert en 1826, y est également conservé. Ces découvertes renforcent l’hypothèse d’une christianisation d’un ancien lieu de culte païen, bien qu’aucune preuve archéologique directe ne la confirme.
L’Altkirch illustre l’évolution religieuse et sociale de Reichshoffen : d’abord chapelle funéraire romane (Xe siècle), puis église paroissiale gothique (XIIIe–XVe siècles), elle fut finalement abandonnée au profit d’un lieu de culte intra-muros. Sa restauration en 2014 a permis de reconstituer partiellement son chœur à deux étages, tel qu’attesté par des dessins du XIXe siècle, et de matérialiser l’enceinte du cimetière médiéval.
Aujourd’hui propriété communale et classée monument historique depuis 1990, le site témoigne de la superposition des époques : temple romain hypothétique, église médiévale, et léproserie dont l’emplacement exact reste débattu. Les fouilles récentes et les archives (comme les plans du XVIIe siècle) continuent d’éclairer son histoire complexe, liée à l’abbaye de Sturzelbronn et aux transformations urbaines de Reichshoffen.