Première mention écrite 994 (≈ 994)
Otton III fait donation d'une chapelle et des terres à l'abbaye de Seltz.
XIIIe siècle
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique XIIIe siècle (≈ 1350)
L'église est reconstruite en style gothique avec des matériaux de réemploi.
XVe siècle
Ajout d'un étage
Ajout d'un étage XVe siècle (≈ 1550)
Un étage est ajouté au-dessus du chœur.
XVIIe siècle
Abandon progressif
Abandon progressif XVIIe siècle (≈ 1750)
L'église est progressivement abandonnée au profit de la paroisse Saint-Michel.
1990
Inscription historique
Inscription historique 1990 (≈ 1990)
La tour et le site sont inscrits à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques.
2014
Rénovation récente
Rénovation récente 2014 (≈ 2014)
La Société d'Histoire et d'Archéologie de Reichshoffen et Environs (SHARE) entreprend des travaux de rénovation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges de l'église, dite Heidenkirche (cad. 14 139) : inscription par arrêté du 6 mars 1990
Personnages clés
Otton III
Empereur ayant fait donation d'une chapelle et des terres à l'abbaye de Seltz en 994.
Jean-Daniel Schoepflin
Historien ayant décrit les décombres de la nef au XVIIIe siècle et retiré des bas-reliefs en 1742.
Origine et histoire
L'édifice désigné localement comme « ancienne léproserie » correspond à l'Altkirch, dite Heidenkirche, dont seule subsiste aujourd'hui la tour, située rue des Prés près de la vieille église à Reichshoffen. Le rez-de-chaussée de cette tour, qui constitue la partie inférieure du chœur, remonte au XIIIe ou XIVe siècle. La première mention d'un édifice religieux identifié à l'Altkirch figure dans un acte de 994 où Otton III fait donation d'une chapelle et des terres à l'abbaye de Seltz. D'origine romane, l'église a été reconstruite au XIIIe siècle en style gothique, en grande partie avec des matériaux de réemploi provenant de vestiges antiques, parmi lesquels des stèles gallo‑romaines et un élément monolithe. Des fouilles menées en 2011 ont mis au jour des sépultures médiévales associées au bâtiment et ont révélé les limites d'un cimetière entouré d'un mur épais et d'un fossé, qui semble avoir été utilisé jusqu'au XVIIe siècle. Une nef est attestée sur un plan du XVIIe siècle, tandis qu'un étage fut ajouté au‑dessus du chœur au XVe siècle, mais l'église fut progressivement abandonnée au profit de la paroisse Saint‑Michel à l'intérieur des remparts. La guerre de Trente Ans contribua à sa dégradation ; Jean‑Daniel Schoepflin décrit déjà au XVIIIe siècle les décombres de la nef. Le site présente une longue occupation antique : de nombreuses stèles et bas‑reliefs dédiés à Mercure ont été découverts dans les environs et plusieurs ont été réutilisés dans la maçonnerie de l'église. Un fragment mutilé, peut‑être représentant Mercure, subsiste en place sur le mur droit du chœur, sous la fenêtre. Deux bas‑reliefs retirés en 1742 par Jean‑Daniel Schoepflin sont aujourd'hui au Musée archéologique de Strasbourg ; une stèle donnée à la bibliothèque de Strasbourg en 1826 fut détruite lors du bombardement de 1870, tandis qu'une autre stèle trouvée en 1826 est conservée au même musée, une copie étant visible au musée de Reichshoffen. Ces éléments archéologiques ont conduit à l'hypothèse d'un ancien sanctuaire dédié à Mercure sous l'Altkirch, hypothèse qui demeure non confirmée faute de preuves définitives. La tour et le site ont été inscrits à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1990. En 2014, la Société d'Histoire et d'Archéologie de Reichshoffen et Environs (SHARE) a entrepris une rénovation : le chœur, qui avait autrefois deux étages, a été partiellement restitué par la surélévation d'un étage en bois, la nef disparue a été matérialisée par des gabions et les limites du mur d'enceinte mises en valeur par un muret. L'Altkirch s'implante sur un tertre artificiel dominant la première terrasse alluviale de rive gauche du Schwarzbach, témoignant des phases d'occupation romaine et médiévale du site.