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Frise chronologique
1461
Date originelle supposée
Date originelle supposée
1461 (≈ 1461)
Année disparue sous le campanile
1535
Millésime du portail nord
Millésime du portail nord
1535 (≈ 1535)
Porte en plein cintre avec armes
1600
Millésime de la porte sud
Millésime de la porte sud
1600 (≈ 1600)
Porte en accolade et inscription
1932
Première protection partielle
Première protection partielle
1932 (≈ 1932)
Classement du campanile gothique
1952
Fin de l'usage municipal
Fin de l'usage municipal
1952 (≈ 1952)
Désaffectation par la mairie
1962
Inscription complète aux MH
Inscription complète aux MH
1962 (≈ 1962)
Façades, toitures et clocheton protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ainsi que le clocheton (cad. D 224) : inscription par arrêté du 14 novembre 1962
Personnages clés
| Famille Schwendi - Nobles locaux |
Armes sculptées sur les portes |
| Famille Lupfen - Seigneurs associés |
Blason présent sur la dalle |
Origine et histoire
L’ancienne mairie d’Ingersheim, située au 2 rue de la République, est un édifice de plan rectangulaire datant du 3e quart du XVIe siècle et du 1er quart du XVIIe siècle. Elle conserve des éléments architecturaux marquants comme des fenêtres à meneau, des triplets Renaissance ornés de coquilles, et un campanile gothique sur le pignon nord, décoré de crochets et de trois têtes moustachues en haut-relief (dites « des Hongrois »). Une dalle peinte expose les armes de la ville, des familles Lupfen et Schwendi, tandis que la porte en accolade, sculptée des mêmes blason, porte l’inscription « Honores mutant mores » ainsi qu’une marque de tâcheron. Deux millésimes sont visibles : 1535 (portail nord) et 1600 (porte sud), associés aux armes d’Ingersheim et des Schwendi.
L’édifice, ancienne maison commune parmi les plus vieilles d’Alsace, aurait porté la date de 1461 (aujourd’hui disparue) sous le campanile, suggérant une origine médiévale. Remanié aux XVIe et XVIIe siècles, il a subi des dommages pendant la guerre avant d’être restauré après 1957, lorsque sa démolition fut évitée. La mairie l’a occupé jusqu’en 1952. La restauration a supprimé le corps de garde et la tourelle d’escalier intérieure, tout en recréant à l’identique le clocheton et les têtes sculptées. L’intérieur, entièrement repensé, abrite désormais une salle communale au rez-de-chaussée et des logements aux étages. Le bâtiment est inscrit aux monuments historiques depuis 1962 (façades, toitures et clocheton).
Les armes des Schwendi, nobles locaux, et la devise « Honores mutant mores » (les honneurs changent les mœurs) soulignent le lien entre le pouvoir seigneurial et la communauté. La cloche antérieure à la guerre, toujours en place, et le puits moderne devant l’édifice rappellent son usage civique. Classé pour son mélange de styles gothique et Renaissance, ce monument illustre l’évolution architecturale et politique de l’Alsace à la charnière des XVIe et XVIIe siècles, entre héritage médiéval et influences modernes. La protection de 1932 (campanile) puis 1962 (ensemble) témoigne de sa valeur patrimoniale.