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Ancienne maison d'arrêt à Fontainebleau en Seine-et-Marne

Ancienne maison d'arrêt

  • 1 Rue du Sergent Perrier
  • 77300 Fontainebleau
Ancienne maison darrêt
Ancienne maison darrêt
Ancienne maison darrêt
Crédit photo : Pline - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat
1 Rue du Sergent Perrier 77300 Fontainebleau

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1845
Construction de la prison
1855
Ouverture comme maison d’arrêt
1880
Premiers constats de délabrement
1944
Disparition de 39 détenus
1990
Fermeture définitive
1996
Classement monument historique
1995-2010
Musée national des prisons
2016
Vente aux enchères
Aujourd'hui
Aujourd'hui
2027
Ouverture d’un nouveau musée

Patrimoine classé

Ancienne maison d'arrêt, y compris ses cours de promenade et son mur d'enceinte (cad. AK 156) : inscription par arrêté du 17 décembre 1996

Personnages clés

Alexis de Tocqueville - Théoricien politique Défendit l’isolement cellulaire en France.
Catherine Prade - Conservatrice du musée (1991-2008) Dirigea le Musée national des prisons.
Mangeon et Trélat - Architectes départementaux Conçurent la prison en 1845.
Jacques Toubon - Garde des Sceaux (1995) Signa l’arrêté créant le musée.

Origine et histoire

L’ancienne maison d’arrêt de Fontainebleau, construite en 1845 par l’architecte départemental de Seine-et-Marne, illustre le modèle pénitentiaire pennsylvanien promu sous la Troisième République. Inspiré des couvents, son plan en nef et son système panoptique (rotonde centrale pour une surveillance totale) reflètent la doctrine de l’isolement cellulaire, défendue par Alexis de Tocqueville. Avec ses 45 cellules de 9 m2 réparties sur deux étages, la prison était conçue pour une détention orientée vers la chapelle, symbolisant une approche morale et religieuse de la réinsertion.

Dès les années 1880, la prison, jugée trop exiguë et délabrée, est critiquée pour son inadaptation aux besoins carcéraux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les autorités allemandes l’utilisent pour incarcérer des résistants : 39 détenus, disparus en 1944, sont retrouvés enterrés près d’Arbonne-la-Forêt après la Libération. Fermée en 1990, la prison est classée monument historique en 1996 avant d’abriter, de 1995 à 2010, le Musée national des prisons, aujourd’hui transféré à Agen.

Le bâtiment, représentatif de l’architecture carcérale du XIXe siècle, combine un mur d’enceinte de 5 mètres de haut et un système de surveillance centralisé. Après sa désaffectation, ses collections (plus de 10 000 documents sur trois siècles d’histoire pénitentiaire) sont conservées par l’École nationale d’administration pénitentiaire. En 2016, le site est vendu à un promoteur pour une reconversion en logements, malgré son statut protégé.

Le projet muséal, né dès l’Exposition universelle de 1889, s’est concrétisé grâce à des collectes nationales menées entre 1967 et 1982. Dirigé par la conservatrice Catherine Prade (nommée en 1991), le musée a exposé des objets saisies en prison (outils d’évasion, documents historiques) avant de fermer faute de moyens. Un nouveau musée sur l’histoire pénitentiaire doit ouvrir en 2027.

Les architectes Mangeon et Trélat, auteurs des plans selon la circulaire de 1841, ont aussi conçu les prisons de Meaux et Coulommiers. Le site, situé 1 rue du Sergent-Perrier, reste un témoignage majeur des réformes pénitentiaires du XIXe siècle, entre répression et idéal de réhabilitation.

Liens externes

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