Ouverture de la prison 1855 (≈ 1855)
Début du fonctionnement en tant que maison d'arrêt.
1944
Événements de la Seconde Guerre mondiale
Événements de la Seconde Guerre mondiale 1944 (≈ 1944)
Utilisation par les Allemands et disparition de détenus.
milieu XIXe siècle
Construction initiale
Construction initiale milieu XIXe siècle (≈ 1950)
Édification de la prison par Mangeon et Trélat selon le modèle cellulaire.
1990
Fermeture de la prison
Fermeture de la prison 1990 (≈ 1990)
Cessation d'activité en tant que maison d'arrêt.
1996
Classement historique
Classement historique 1996 (≈ 1996)
Classement du site comme monument historique.
2010
Fermeture du musée
Fermeture du musée 2010 (≈ 2010)
Fermeture définitive du Musée national des prisons.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne maison d'arrêt, y compris ses cours de promenade et son mur d'enceinte (cad. AK 156) : inscription par arrêté du 17 décembre 1996
Personnages clés
Mangeon
Architecte départemental ayant conçu la prison.
Trélat
Architecte départemental ayant conçu la prison.
Catherine Prade
Conservatrice du musée de 1991 à 2008.
Origine et histoire
Édifiée au milieu du XIXe siècle par les architectes départementaux Mangeon et Trélat, l'ancienne maison d'arrêt de Fontainebleau suit les prescriptions de la circulaire ministérielle de 1841 et le modèle dit cellulaire d'emprisonnement individuel. Le bâtiment s'inscrit dans un style pénitentiaire du XIXe siècle, proche du modèle pennsylvanien et du plan en nef issu des prisons de couvents ; des établissements comme ceux de Meaux, Coulommiers et Rouen relèvent du même courant architectural. Il fonctionne comme maison d'arrêt à partir de 1855 et comprend un bâtiment principal avec entrée, 45 cellules de neuf mètres carrés réparties sur deux étages (peut-être 36 avant réaménagement), une chapelle orientée vers la détention et une rotonde-observatoire pour la surveillance selon un principe panoptique. Les murs entourant l'ensemble atteignent cinq mètres de hauteur, permettant au surveillant situé au centre du dispositif de voir tous les détenus sans être vu. Dès les années 1880, sa petite capacité et son état de délabrement sont pointés, sans que le conseil général n'engage les travaux d'entretien ou d'agrandissement nécessaires. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les autorités allemandes utilisent la prison pour détenir des personnes accusées d'« actes terroristes » ; les 21 juillet et 17 août 1944 entraînent respectivement la disparition de 22 puis 17 détenus, et le 7 décembre 1944 des soldats américains retrouvent les dépouilles des 39 prisonniers en creusant aux environs d'Arbonne-la-Forêt. La maison d'arrêt ferme en janvier 1990, ses éléments carcéraux sont ensuite retirés et le site est classé monument historique en 1996.
L'idée d'un musée pénitentiaire remonte à l'Exposition universelle de 1889 ; des collectes d'objets ont été menées en 1967, 1975, 1981 et 1982 dans les prisons de France et d'outre-mer. Désigné pour accueillir ces collections, le site de Fontainebleau reçoit les objets en décembre 1992 et le Musée national des prisons est créé par arrêté du garde des Sceaux le 17 septembre 1995 ; il ouvre au public entre 1995 et 2010. Le musée vise à retracer l'histoire de l'administration pénitentiaire à partir du XVIe siècle et présente des pièces témoignant de trois siècles d'histoire pénale et pénitentiaire. À l'origine, il n'est accessible qu'aux universitaires, aux membres de l'administration et aux équipes de cinéma ; à partir de février 2003 l'office de tourisme de Fontainebleau organise des visites guidées de groupes sur rendez‑vous. Le conservateur Catherine Prade, nommée en 1991, quitte ses fonctions en 2008 sans successeur et le musée ferme définitivement le 31 décembre 2010.
Les collections, qui comprenaient plus de 10 000 documents souvent originaux couvrant principalement les XVIIe à XXe siècles ainsi que des objets saisis dans les fouilles de cellules (gadgets bricolés, draps tressés, objets avalés, etc.), sont transférées à l'École nationale d'administration pénitentiaire (Énap) à Agen. Une partie des fonds historiques a été regroupée pour constituer le centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines (CRHCP), intégré à la médiathèque Gabriel-Tarde en septembre 2004. Parmi les pièces figurait notamment une lithographie d'Horace Vernet intitulée Les Forçats (1840). En février 2016, les bâtiments sont vendus aux enchères à un promoteur qui souhaite les transformer en appartements ; la mairie de Fontainebleau n'a pas exercé son droit de préemption et le coût estimé des travaux de rénovation est évalué à deux millions d'euros.