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Ancienne maison de santé du Docteur Belhomme à Paris 1er dans Paris

Ancienne maison de santé du Docteur Belhomme

    159D Rue de Charonne
    75011 Paris 11e Arrondissement
Propriété privée
Ancienne maison de santé du Docteur Belhomme
Ancienne maison de santé du Docteur Belhomme
Ancienne maison de santé du Docteur Belhomme
Ancienne maison de santé du Docteur Belhomme
Ancienne maison de santé du Docteur Belhomme
Ancienne maison de santé du Docteur Belhomme
Crédit photo : FLLL - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1700
1800
1900
2000
9 thermidor an II (27 juillet 1794)
Chute de Robespierre
vers 1765
Fondation de la pension
septembre 1793
Réquisition comme prison
janvier 1794
Arrestation de Belhomme
1972
Destruction de l’hôtel de Chabanais
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures des trois pavillons se trouvant au fond du parc : inscription par arrêté du 14 juin 1972

Personnages clés

Jacques Belhomme - Fondateur et gérant Menuisier devenu directeur de l’asile-prison.
Philippe Pinel - Médecin psychiatre Y débuta ses travaux sur les maladies mentales.
Duchesse de Gramont - Prisonnière célèbre Sœur du duc de Choiseul, guillotinée.
Duchesse du Châtelet - Prisonnière noble Belle-fille d’Émilie du Châtelet.
Magon de La Balue - Fermier général Guillotiné avec sa famille pour sa fortune.
Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre - Prisonnière aristocrate Épousa en secret un député après sa libération.

Origine et histoire

La pension Belhomme, située au 157-163 rue de Charonne à Paris 11e, fut fondée vers 1765 par Jacques Belhomme, un menuisier reconverti dans l’accueil rémunéré de patients atteints de troubles mentaux ou de vieillards. Ce dernier, remarquant la rentabilité de cette activité après avoir élevé le fils « idiot de naissance » d’un noble local, transforma sa menuiserie en une pension privée pour les familles aisées. Philippe Pinel, pionnier de la psychiatrie moderne, y débuta ses travaux sur les maladies mentales, marquant ainsi son importance dans l’histoire médicale française.

Sous la Révolution, après le vote de la loi des suspects en septembre 1793, la pension fut réquisitionnée comme prison en raison de la surpopulation carcérale parisienne. Jacques Belhomme, profitant de la situation, y accueillit des prisonniers fortunés — marquises, banquiers, comédiennes ou nobles — contre des pots-de-vin substantiels. Ces détenus « privilégiés » cohabitaient avec les pensionnaires initiaux, des malades mentaux. Pour étendre ses capacités, Belhomme loua puis acheta l’hôtel de Chabanais voisin, confisqué à un marquis émigré, accumulant ainsi une fortune sous la Terreur.

Parmi les prisonniers célèbres incarcérés à Belhomme figurent la duchesse de Gramont (sœur du duc de Choiseul), la duchesse du Châtelet (belle-fille d’Émilie du Châtelet), ou encore le fermier général Magon de La Balue, guillotiné avec sa famille pour s’emparer de sa fortune. Le scandale éclata en janvier 1794 : Belhomme fut arrêté pour corruption et condamné, échappant aux fers grâce à la chute de Robespierre le 9 thermidor. Le site, partiellement préservé sous forme du square Colbert, abrite aujourd’hui un centre communal pour seniors.

L’hôtel de Chabanais, classé monument historique en 1972, fut malgré tout détruit cette même année pour laisser place à un immeuble moderne. Le parc d’origine, situé aux 157-161 rue de Charonne, subsiste en tant que jardin public. La pension Belhomme a inspiré des œuvres littéraires et cinématographiques, comme le roman La Maison Belhomme (1984) ou le film Caroline chérie (1951), témoignant de son héritage controversé entre médecine, corruption et Révolution.

Liens externes