Concile du Latran 1179 (≈ 1179)
Statut social des lépreux établi.
Fin XIe - XIIe siècle
Fondation de la maladrerie
Fondation de la maladrerie Fin XIe - XIIe siècle (≈ 1295)
Construction initiale pour les lépreux.
XIVe siècle
Transformation en hôpital
Transformation en hôpital XIVe siècle (≈ 1450)
Accueil des pestiférés pendant la peste noire.
1672
Édit royal
Édit royal 1672 (≈ 1672)
Rattachement aux ordres religieux militaires.
1698
Réunion à l'Hôtel-Dieu
Réunion à l'Hôtel-Dieu 1698 (≈ 1698)
Intégration à l’institution hospitalière locale.
1910
Incendie de la chapelle
Incendie de la chapelle 1910 (≈ 1910)
Destruction partielle de l’édifice.
27 janvier 1987
Inscription MH
Inscription MH 27 janvier 1987 (≈ 1987)
Protection au titre des monuments historiques.
1993
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques 1993 (≈ 1993)
Découverte de 57 squelettes lépreux.
2 janvier 1997
Réhabilitation
Réhabilitation 2 janvier 1997 (≈ 1997)
Intégration à une résidence pour personnes âgées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église (cad. CN 17) : inscription par arrêté du 27 janvier 1987
Personnages clés
Lazare de Béthanie - Saint patron
Protecteur des lépreux, dédicataire de la chapelle.
Louis XIV - Roi de France
Auteur des lettres patentes de 1698.
Origine et histoire
La maladrerie Saint-Lazare de Tours fut fondée entre la fin du XIe siècle et le XIIe siècle comme établissement destiné à isoler les lépreux, conformément aux décisions du troisième concile du Latran (1179). Située en périphérie sud de la ville, loin du centre urbain pour éviter la contagion, elle comprenait une chapelle dédiée à Lazare de Béthanie et des bâtiments d’hébergement réservés aux malades tourangeaux de naissance. Les fouilles de 1993 y ont exhumé 57 squelettes, majoritairement porteurs de lésions lépreuses, faisant de ce site le plus important chantier archéologique français sur une léproserie.
Au XIVe siècle, avec le déclin de la lèpre et l’arrivée de la peste noire, la maladrerie fut transformée en hôpital pour pestiférés, conservant son nom d’origine. Son isolement géographique, hérité de sa vocation première, influença durablement le quartier environnant, qui prit le nom de Sanitas (santé en latin). Ce toponyme, lié à la présence historique de l’établissement, persiste encore aujourd’hui dans la toponymie tourangelle.
À partir du XVIIe siècle, la disparition de la peste entraîna un changement de vocation : un édit royal de 1672 rattacha la maladrerie aux ordres religieux du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, avant qu’elle ne devienne une résidence militaire en 1698. Au XVIIIe siècle, les bâtiments furent convertis en entrepôts de quarantaine pour marchandises, maintenant leur rôle sanitaire en marge de la ville. La Révolution française marqua une rupture avec la vente des lieux comme biens nationaux, scindés en deux lots distincts.
La chapelle, seul vestige actuel, connut une histoire mouvementée : utilisée comme atelier au XIXe siècle, elle fut ravagée par un incendie en 1910, puis transformée en habitation et dépôt avant d’être abandonnée. Inscrite aux monuments historiques en 1987, elle fit l’objet de fouilles en 1993 et fut réhabilitée en 1997 lors de la construction d’une résidence pour personnes âgées. Aujourd’hui, sa façade ouest, très remaniée, et quelques éléments intérieurs (chapiteaux à palmettes, arcs à dents de scie) subsistent, bien que non accessibles au public.
L’architecture originale de la chapelle, longue de 22 mètres, comportait une nef de quatre travées terminée par une abside en cul-de-four, agrandie au XIIe siècle par un collatéral nord. Les destructions successives (incendie de 1910, démolition des voûtes et absides) n’ont laissé intacts que des fragments décoratifs de qualité, aujourd’hui dissimulés derrière des murs modernes. Le site, situé à 250 mètres au sud de la gare SNCF, occupe un emplacement historique : une nécropole gallo-romaine du IIe siècle s’y trouvait auparavant, le long d’une voie antique reliant Caesarodunum (Tours) au sud de la Gaule.
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