Ancienne manufacture de moulinage J-B. Martin à Tarare
Ancienne manufacture de moulinage J-B. Martin à Tarare dans le Rhône
Patrimoine classéPatrimoine industrielManufacture
Ancienne manufacture de moulinage J-B. Martin à Tarare
7 Avenue Edouard-Herriot
69170 Tarare
Crédit photo : Jean-Paul Calvier - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
Frise chronologique
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1843
Fondation de la manufacture
Fondation de la manufacture 1843 (≈ 1843)
Création de la manufacture par Jean-Baptiste Martin.
1869
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle 1869 (≈ 1869)
Ajout d'une grande chapelle avec charpente polychrome.
1898
Fondation du groupe industriel
Fondation du groupe industriel 1898 (≈ 1898)
Association des héritiers Martin avec d'autres industriels.
1970
Destruction du tissage
Destruction du tissage 1970 (≈ 1970)
Démolition du bâtiment de tissage, remplacé par un supermarché.
1974
Fermeture du site
Fermeture du site 1974 (≈ 1974)
Arrêt définitif des activités industrielles sur le site.
1987
Classement historique
Classement historique 1987 (≈ 1987)
Inscription de la manufacture aux monuments historiques.
2024
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville 2024 (≈ 2024)
La ville de Tarare acquiert le moulinage pour réhabilitation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La totalité de l'édifice ainsi que les façades et toitures des écuries (cad. AS 214) : inscription par arrêté du 29 octobre 1987
Personnages clés
Jean-Baptiste Martin
Fondateur de la manufacture et inventeur d'un métier à tisser mécanisé.
Eugène-Toussaint Cateland
Architecte-voyer attribué à la conception des bâtiments.
Origine et histoire de l'ancienne manufacture
L'ancienne manufacture de moulinage J.-B. Martin se situe à Tarare dans le Rhône et est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 29 octobre 1987.
La manufacture de tissage et moulinage a été créée en 1843 par Jean-Baptiste Martin (1801-1867), inventeur d'un métier à tisser pour peluches et velours légers qu'il contribua à mécaniser.
Les bâtiments, attribués à l'architecte-voyer Eugène-Toussaint Cateland, témoignent du modèle social et organisationnel de « l'usine-internat » répandu au XIXe siècle dans la région lyonnaise.
Les héritiers Martin s'associèrent en 1898 à d'autres industriels pour fonder les Manufactures de Velours et Peluches J.-B. Martin, un groupe qui se développa jusque dans les années 1970 avant d'être frappé par une baisse de la demande et une concurrence accrue, puis liquidé en 1977.
Le domaine comprenait à l'origine deux bâtiments industriels distincts (tissage et moulinage), une maison de maître, un parc et des écuries, et était séparé de la ville par la Turdine ; il n'était accessible que par deux entrées, l'une pour la famille Martin et l'autre pour les ouvriers.
Le moulinage, qui subsiste avec les écuries après la destruction du tissage en 1970, est un long bâtiment percé de nombreuses et hautes fenêtres en plein cintre.
Il abritait et employait environ 500 jeunes filles encadrées par des religieuses et ne communiquait pas avec l'extérieur.
Les deux premiers niveaux de la partie centrale formaient une unique grande salle de travail, dont le volume est rythmé par d'énormes piliers en pierre jaune soutenant les poutres du plafond.
À l'étage se trouvaient de vastes dortoirs et une grande chapelle datée de 1869, qui a conservé une charpente apparente polychrome à poinçons pendants sculptés.
Après la fermeture du site de Tarare en 1974 dans le cadre d'une restructuration, l'aile ouest accueillit des logements tandis que le reste de l'édifice fut temporairement loué à des entreprises avant de devenir une friche.
La ville de Tarare a acquis le moulinage en 2024 et confié sa réhabilitation au promoteur GCC, qui prévoit de revendre par lots une partie des locaux au Département (pour divers services dont la médiathèque départementale), à la Communauté d'agglomération de l'Ouest Rhodanien (pour son siège) et à la ville (pour une école de musique).
Le bâtiment du tissage, détruit en 1970, a été remplacé par un supermarché et un parking.
La maison de maître, vendue à la ville au début des années 1930, fut intégrée à un hôpital resté en activité jusqu'en 2017 ; le site comprenant les anciennes écuries a été cédé en 2023 au promoteur OGIC qui prévoit de restituer le caractère de la maison en supprimant ses extensions hospitalières et en construisant de nouveaux logements.
Les archives de la manufacture sont conservées aux Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon (sous-série 45 J) et le pensionnat-usine a fait l'objet d'un documentaire, Les petites mains, sorti en septembre 2024.