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Ancienne parfumerie Roure-Bertrand dans les Alpes-Maritimes

Ancienne parfumerie Roure-Bertrand

    57 Avenue Pierre Sémard
    06130 Grasse
Propriété de la commune ; propriété d'un établissement public communal
Crédit photo : Patrick Rouzet - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1820
Fondation de la société
1865
Construction de la distillerie
1871
Installation sur le site actuel
années 1880-1890
Agrandissements majeurs
vers 1900
Construction de la halle d'extraction
années 1910
Bâtiment administratif
1998
Fermeture du site
26 mars 2004
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les bâtiments suivants subsistant de l'ancienne parfumerie : bâtiment des services administratifs ou de la direction : façades et toiture, y compris la terrasse précédant le bâtiment à l'ouest avec sa balustrade ; grand bâtiment des expéditions et des absolus : façades, toitures, cour intérieure avec son escalier, structures porteuses intérieures du bâtiment des absolus ; distilloir en totalité, y compris la cheminée ; chaufferie : façades et toiture ; bâtiment des hydrocarbures et salle de réception des fleurs en totalité (cad. BK 255, 250, 251) : inscription par arrêté du 26 mars 2004

Personnages clés

Claude Roure - Fondateur de la société Crée la parfumerie en 1820.
Pierre Levens-Cresp - Ancien propriétaire du site Fait bâtir une distillerie en 1865.

Origine et histoire

L’ancienne parfumerie Roure-Bertrand, située à Grasse dans les Alpes-Maritimes, est un complexe industriel construit entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Six bâtiments principaux subsistent : le distilloir et sa chaufferie (avec une cheminée de 35 mètres en brique), la halle d’extraction, le bâtiment des expéditions et des absolues, ainsi que le bâtiment administratif. Ces structures, érigées à différentes époques, adoptent une architecture néoclassique marquée et occupent un terrain en promontoire dominant la campagne environnante. Le distilloir, de plan quasi carré, présente un rez-de-chaussée surélevé et une charpente en bois, tandis que la cheminée, encastrée dans le mur nord, repose sur une base en briques et pierres taillées.

La société Roure-Bertrand, fondée en 1820 par Claude Roure, s’installe sur ce site après 1870, sur d’anciennes propriétés religieuses du quartier des Capucins (actuelle avenue Pierre-Sémard). Les premiers bâtiments industriels, comme le distilloir et la chaufferie, datent des années 1865-1871, période où la société investit les lieux. Le bâtiment des absolues, agrandi dans les années 1890, et la halle d’extraction (vers 1900) complètent l’ensemble. Dans les années 1910, le bâtiment administratif est construit sur l’emplacement d’un ancien bâtiment rural, achevant la configuration du site. La route départementale n°6, privatisée à une date indéterminée, sépare initialement les deux groupes de constructions.

L’usine, en activité jusqu’en 1998, employait jusqu’à 150 personnes dans les années 1950. Après sa fermeture, seuls les bâtiments antérieurs aux années 1920 ont été conservés et inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques en 2004. Les structures secondaires postérieures à 1940, ainsi que les éléments techniques (tuyaux, réservoirs), ont été démolies. Le site illustre l’apogée de l’industrie parfumerique grassoise, combinant héritage religieux, innovations techniques (charpentes métalliques, murs en briques minces) et architecture néoclassique, reflétant l’évolution d’une activité artisanale vers une production industrielle.

Le bâtiment des expéditions, au caractère néoclassique affirmé, présente deux niveaux avec une arcade centrale donnant accès au bâtiment des absolues, le plus imposant du site. Ce dernier, doté de trois étages et de caves, utilise des poteaux métalliques pour soutenir ses planchers. Le bâtiment administratif, construit dans les années 1910, reprend les proportions du bâtiment des expéditions, avec un perron à balustrades et une marquise en fer forgé. La halle d’extraction, en contrebas, se distingue par sa structure métallique légère (murs de 8 cm d’épaisseur) et son toit en fibrociment, remplaçant la couverture d’origine.

L’histoire du site est marquée par des agrandissements successifs : après l’acquisition du terrain en 1871 (date gravée sur le bâtiment des absolues), la société étend ses installations dans les années 1880-1890, puis intègre le jardin Felker dans les années 1910 pour y construire le bâtiment administratif. La privatisation de la route départementale n°6 permet une unification du site. Les matériaux utilisés — briques, pierre taillée, métal riveté, bois — témoignent des techniques de construction industrielles de l’époque, tandis que l’organisation spatiale (cour intérieure, escalier, galerie vitrée disparue) reflète une logique fonctionnelle adaptée à la production parfumerique.

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