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Ancienne prison à Autun en Saône-et-Loire

Ancienne prison

    2B Rue Chanoine Trinquet
    71400 Autun
Propriété privée
Ancienne prison
Ancienne prison
Ancienne prison
Ancienne prison
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Ancienne prison
Ancienne prison
Ancienne prison
Ancienne prison
Crédit photo : Christophe.Finot - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1791
Conception du modèle panoptique
1847
Étude préliminaire
1855-1856
Construction de la prison
1956
Désaffectation
1975
Premier classement
2003
Rachat par la ville
9 juin 2017
Classement intégral
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, l'ancienne prison circulaire, avec son sol d'assise, telle que teintée en rouge (parties bâties) et en rose (partie non bâtie) (chemin de ronde) sur le plan joint à l'arrêté (cad. AR 110) : classement par arrêté du 9 juin 2017

Personnages clés

Jeremy Bentham - Philosophe réformateur Auteur du modèle panoptique (1791).
André Berthier - Architecte départemental Concepteur de la prison (1855-1856).
Victor-Prosper Rey - Maire d’Autun Initiateur du projet de construction.
Louis-Napoléon Bonaparte - Empereur (Second Empire) Contexte de surpopulation carcérale sous son règne.

Origine et histoire

La prison circulaire d’Autun, construite entre 1855 et 1856 par l’architecte départemental André Berthier, incarne une innovation majeure dans l’histoire carcérale française. Elle adopte le modèle panoptique, inspiré par le philosophe anglais Jeremy Bentham en 1791, où une tour centrale (remplacée ici par un autel surélevé) permet une surveillance constante des détenus sans qu’ils sachent s’ils sont observés. Ce système visait à isoler les prisonniers pour favoriser leur « rédemption » par la réflexion, tout en répondant aux défis de la surpopulation carcérale sous le Second Empire.

La prison remplace un ancien établissement insalubre situé au Palais de justice, connu pour son humidité et son exiguïté. Victor-Prosper Rey, maire d’Autun, obtient son financement pour des raisons économiques et sécuritaires. Malgré ses 50 cellules réparties sur trois niveaux, l’absence d’infirmerie et l’impossibilité de séparer les détenus (civils, militaires, prévenus) en font un lieu rapidement critiqué. Les conditions y étaient précaires : jusqu’à 96 prisonniers entassés, dormant sur de la paille dans les couloirs ou les cabanons réservés aux enfants.

Désaffectée en 1956, la prison est vendue à un particulier avant d’être classée Monument historique en 1975, puis rachetée par la ville en 2003. Son architecture unique, combinant un bâtiment administratif rectangulaire et une rotonde de 23 mètres de diamètre couverte d’une coupole, en fait un témoignage intact des réformes pénitentiaires du XIXe siècle. Les graffitis et inscriptions des détenus, encore visibles, ainsi que son système de serrurerie d’origine, renforcent sa valeur patrimoniale.

Contrairement au modèle benthamien, Berthier innove en supprimant la tour centrale au profit d’un autel, symbolisant une approche moralisatrice de la détention. La prison illustre les tensions entre les idéaux réformateurs (isolement, humanisation) et les réalités pratiques (surpopulation, mixité des détenus). Aujourd’hui intégrée au projet d’extension du musée Rolin, elle reste fermée au public mais prépare son ouverture comme lieu de mémoire.

Son classement en 2017 protège l’intégralité de l’édifice, y compris ses coursives, escaliers et promenades en toiture. Les cellules trapézoïdales, de 4 mètres de profondeur, et les traces de vie carcérale (graffitis) offrent un aperçu rare des conditions de détention au XIXe siècle. La prison d’Autun incarne ainsi à la fois une utopie architecturale et les limites des réformes pénales de son époque.

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