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Ancienne Sous-Préfecture à Clermont dans l'Oise

Ancienne Sous-Préfecture

    9 Rue de Paris
    60600 Clermont
Propriété du département
Ancienne Sous-Préfecture
Ancienne Sous-Préfecture
Ancienne Sous-Préfecture
Ancienne Sous-Préfecture
Ancienne Sous-Préfecture
Ancienne Sous-Préfecture
Crédit photo : Guillaume de clermont 60 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1198
Fondation de l'ordre des Trinitaires
1244
Donation du couvent
1549
Reconstruction du couvent
6 mai 1791
Départ des Trinitaires
10 juillet 1793
Démolition de l’église
30 mai 1927
Classement des façades
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades avec tourelle d'angle : inscription par arrêté du 30 mai 1927

Personnages clés

Saint Jean de Matha - Fondateur des Trinitaires Représenté dans un vitrail local.
Alphonse de Portugal - Comte de Boulogne et donateur Cède l’hôtel-Dieu en 1244.
Rigault de la Marthe - Supérieur du couvent Rebâtit l’église vers 1392.
Père Jean-Pierre Delaistre - Dernier ministre trinitaire Quitte Clermont en 1791.
Chrestien de Beaumini - Maire de Clermont (1765-1768) A décrit l’église Saint-André.

Origine et histoire

L’ancienne sous-préfecture de Clermont, située rue Georges-Fleury, occupe les bâtiments de l’ancien couvent des Trinitaires, fondé au XIIIe siècle sur l’emplacement d’un hôtel-Dieu médiéval. L’ordre des Trinitaires, créé en 1198 par saint Jean de Matha pour la rédemption des captifs, s’installa à Clermont grâce à une donation d’Alphonse de Portugal, comte de Boulogne, en 1244. Le couvent, doté de droits seigneuriaux et de revenus divers (dîmes, dons royaux), abritait une église paroissiale, Saint-André, et des bâtiments conventuels reconstruits en 1549 après des incendies.

La Révolution française mit fin à l’activité des Trinitaires en 1791 : leurs biens furent saisis, l’église démolie en 1793, et ses éléments décoratifs (vitraux, orgues) vendus. Les bâtiments restants, occupés par le district puis la municipalité, devinrent la sous-préfecture au XIXe siècle. La façade et la tourelle, vestiges du XVIe siècle, furent inscrites aux monuments historiques le 30 mai 1927. Le site conserve des traces du cloître, des caves voûtées et une tourelle d’angle, témoignages de son passé religieux.

L’église Saint-André, décrite en 1768 par le maire Chrestien de Beaumini, présentait une nef sans bas-côtés, un chœur orné de statues (saint Jean de Matha, saint André) et des chapelles dédiées à la Vierge ou saint Roch. Le couvent, centre de charité et de vie paroissiale, accueillait aussi des pensionnaires ecclésiastiques ou laïcs. Après la Révolution, les bâtiments furent réaménagés pour un usage administratif, perdurant jusqu’à aujourd’hui sous forme de sous-préfecture, malgré une suppression temporaire en 1926.

Le fief de Saint-André, sur lequel s’élevait le couvent, s’étendait entre l’actuelle rue de Paris et l’impasse de la sous-préfecture. Les Trinitaires y possédaient des vignes, des jardins et des droits seigneuriaux (comme une redevance sur les bouchers de la ville), accumulant un patrimoine grâce à des dons de Saint Louis ou d’Alphonse de Poitiers. Leur costume blanc à croix de Malte et leur petite communauté (4-5 moines) contrastait avec l’ampleur de leurs possessions, confisquées en 1791.

Les vestiges architecturaux incluent une cave à croisées d’ogives, des corbeaux marquant l’emplacement du cloître, et une tourelle d’angle remarquable par ses proportions. L’aile ouest abritait autrefois des dépendances (écuries, pressoirs, greniers à blé), tandis que la cour conservait des serres et melonnières. Une maison de la rue de Paris (n°19) fait encore partie des anciennes constructions trinitaires. Le site illustre ainsi la réutilisation d’un patrimoine religieux en bâtiment public, typique des transformations post-révolutionnaires.

Liens externes