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Frise chronologique
1582
Construction de la maison
Construction de la maison
1582 (≈ 1582)
Date gravée sur la porte de cave
1722-1723
Aménagement de la synagogue
Aménagement de la synagogue
1722-1723 (≈ 1723)
Création dans le grenier par occupants juifs
1996
Inscription MH (toiture)
Inscription MH (toiture)
1996 (≈ 1996)
Protection partielle du bâtiment
1998
Classement MH (grenier)
Classement MH (grenier)
1998 (≈ 1998)
Protection des peintures murales
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Toiture de la maison (cad. 1 64) : inscription par arrêté du 5 septembre 1996 - Grenier abritant les vestiges peints de la synagogue (cad. 1 64) : classement par arrêté du 4 mai 1998
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun nom cité |
Sources ne mentionnent aucun personnage |
Origine et histoire
L’ancienne synagogue de Traenheim est un monument historique atypique, installé dans le grenier d’une maison particulière du 27 rue des Usines. Bien que la maison date de 1582 (comme l’atteste une inscription au-dessus de l’escalier menant à la cave), la synagogue fut aménagée bien plus tard, entre 1722 et 1723, par les occupants juifs des lieux. Ce grenier-synagogue, unique en Alsace par ses peintures murales, combine des textes rituels en hébreu, des motifs floraux et des représentations figuratives évoquant probablement la fête de Souccot. Les mains des cohanim (prêtres) y sont également visibles, un détail rare dans l’iconographie juive alsacienne.
Après le départ des occupants juifs, les murs furent recouverts de chaux, effaçant temporairement ces traces. Ce n’est qu’au XXe siècle que les vestiges furent redécouverts, révélant un décor exceptionnel pour la région. La synagogue fut d’abord inscrite aux monuments historiques en 1996 (pour sa toiture), puis classée en 1998 pour son grenier peint. Une confusion existe avec une autre synagogue construite en 1842 à Traenheim, vendue en 1923 et aujourd’hui détruite, mais sans lien avec ce site du XVIIIe siècle.
Le bâtiment illustre l’adaptation des communautés juives alsaciennes aux contraintes spatiales et légales de l’Ancien Régime. L’aménagement d’un lieu de culte discret dans un grenier reflète à la fois la précarité des droits accordés aux Juifs à cette époque et leur ingéniosité pour préserver leurs pratiques. Les peintures, par leur rareté, témoignent aussi d’une tradition artistique méconnue, mêlant symboles religieux et influences locales. Aujourd’hui, ce site offre un éclairage unique sur le patrimoine juif rural en Alsace avant l’émancipation de 1791.