Frise chronologique
1837
Fondation de l'usine
Fondation de l'usine
1837 (≈ 1837)
Création à Asnières par Pierre Mussot.
1900
Construction à Nanterre
Construction à Nanterre
1900 (≈ 1900)
Déménagement et édification par Albert Aubert.
1923
Absorption par Forvil
Absorption par Forvil
1923 (≈ 1923)
Fusion avec la société Forvil.
8 décembre 1992
Classement MH
Classement MH
8 décembre 1992 (≈ 1992)
Inscription façades et jardin.
2017
Rénovation
Rénovation
2017 (≈ 2017)
Transformation en tiers-lieu ESS.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de l'usine (bâtiment principal en U) et du jardin attenant à l'usine (cad. Z 64) : inscription par arrêté du 8 décembre 1992
Personnages clés
| Pierre Mussot - Fondateur |
Créateur de l’entreprise en 1837. |
| Albert Aubert - Architecte |
Concepteur du bâtiment en 1900. |
| Charles Alexandre Hubert Chouët - Repreneureur |
Développe la marque avec Pauline Mussot. |
| André Chantalat - Architecte |
Reconstruction post-incendie en 1993. |
Origine et histoire
L’usine pharmaceutique du Docteur Pierre, surnommée « château de Nanterre », est un rare exemple francilien d’architecture industrielle conçue comme un édifice privé. Construite en 1900 par l’architecte Albert Aubert, elle se distingue par sa façade en brique rouge, pierre et céramique, ornée de cabochons et d’un dôme central. Orientée le long de la voie ferrée Paris-Saint-Lazare/Saint-Germain-en-Laye, elle visait une visibilité maximale pour promouvoir la marque du Docteur Pierre, spécialisée en produits dentifrices à base d’alcool de menthe.
Fondée en 1837 à Asnières-sur-Seine par le docteur Pierre Mussot, l’entreprise est reprise en 1860 par sa nièce Pauline et son époux Charles Alexandre Hubert Chouët, qui la développent sous la marque Docteur Pierre. Le déménagement à Nanterre en 1900 s’explique par le besoin d’espace et la proximité de la gare. Le site inclut alors 80 hectares de cultures de menthe poivrée, une usine électrique autonome (2 moteurs à gaz de 17 cv), et emploie 72 personnes en 1903, avec des avantages sociaux comme la prise en charge des frais médicaux.
L’usine change plusieurs fois de mains : absorbée en 1923 par Forvil (parfums et dentifrices), occupée jusqu’en 1940, puis revendue en 1967 à Natalys (vêtements pour enfants), qui l’exploite jusqu’en 2007. Classée monument historique en 1992 pour ses façades et son jardin, elle tombe en décrépitude avant d’être rénovée en 2017. Le projet actuel, porté par ETIC et la SEM de Nanterre, transforme le site en tiers-lieu accueillant des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), comme Max Havelaar ou United Kitchens, avec un foodlab, un restaurant éponyme, et un jardin en permaculture de 1 000 m2.
L’architecture reflète une volonté d’image de marque, avec une décoration polychrome (briques, céramiques à motifs de chardons) et une organisation fonctionnelle : bureaux en pierre et brique sur rue, ateliers en brique et meulière autour d’une cour carrée. Un incendie en 1993 épargne la partie classée, permettant la construction d’un nouvel entrepôt par l’architecte André Chantalat. Aujourd’hui, le site allie patrimoine industriel et innovation sociale, tout en conservant des traces de son passé, comme la plantation historique de menthe remplacée par un jardin écologique.