Frise chronologique
1894
Fondation de l'usine
Fondation de l'usine
1894 (≈ 1894)
Création par Adolphe Clément pour les cycles.
1897
Diversification automobile
Diversification automobile
1897 (≈ 1897)
Lancement des véhicules Clément-Gladiator.
1903
Changement de marque
Changement de marque
1903 (≈ 1903)
Devenue Clément-Bayard après retrait de Gladiator.
1914-1918
Occupation allemande
Occupation allemande
1914-1918 (≈ 1916)
Machines déportées, ateliers réquisitionnés.
1984
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1984 (≈ 1984)
Fin de l’activité industrielle sur le site.
2012-2014
Inscription monument historique
Inscription monument historique
2012-2014 (≈ 2013)
Protection des bâtiments emblématiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La totalité du grand atelier à étages, du bâtiment accolé des turbines, du bâtiment de nickelage au centre de la cour, du bâtiment de stockage à l'ouest de la cour, les façades et toitures de la maison du concierge sur la rue et des bâtiments des bureaux, l'entrée sur la rue (cad. CE 584) : inscription par arrêté du 31 décembre 2012 - Les façades et les toitures de la maison du directeur de l'ancienne usine, ainsi que celles du bâtiment de dépendances jouxtant le bâtiment des turbines et l'entrée sur la rue avec sa grille, situées 4, avenue Louis-Tirman (cad. CE 15) : inscription par arrêté du 6 juin 2014
Personnages clés
| Adolphe Clément - Industriel et fondateur |
Créa l’usine en 1894 pour cycles et automobiles. |
| Marie-Georges Mialaret - Maire de Mézières |
Acquit les terrains militaires pour l’industrialisation. |
| Dardenne - Architecte |
Conçut partiellement les bâtiments de l’usine. |
Origine et histoire
L’usine La Macérienne, située à Charleville-Mézières, fut fondée en 1894 par Adolphe Clément, pionnier français des cycles et automobiles. Installée sur d’anciens terrains militaires acquis à bas prix par le maire Marie-Georges Mialaret, elle bénéficiait d’un canal et d’un étang fournissant une énergie hydraulique économique. Initialement dédiée aux pièces détachées pour les cycles Clément-Gladiator, elle se tourna vers l’automobile dès 1897 avec les véhicules Clément-Gladiator, puis Clément-Bayard après 1903.
Durant la Première Guerre mondiale, l’usine subit l’occupation allemande : ses machines furent déportées, l’atelier mécanique transformé en hôpital militaire, et la fonderie en manège pour l’état-major ennemi. En 1919, elle devint la Société Anonyme des Établissements Clément Bayard, recentrant ses activités sur la fonderie, la mécanique (tracteurs, pelleteuses sous licence), et le traitement des métaux. Adolphe Clément, décédé en 1928, avait conservé ce site malgré la vente de ses usines parisiennes à Citroën. L’usine ferma définitivement en 1984, après un déclin progressif sous la gestion des descendants puis des cadres.
Architecturalement, La Macérienne allie fonctionnalité et esthétique, avec des bâtiments en pierre jaune de Dom, des toits en terrasse, et des sheds pour l’atelier Eiffel (1903-1930). Le grand atelier mécanique (1894), sur trois niveaux avec poutrelles métalliques, et le bâtiment des turbines illustrent cette hybridation technique. L’atelier de nickelage (1896-1897) et le magasin général (1909, premier béton armé du site) complètent l’ensemble. La maison patronale, de style néo-gothique, et le logement du concierge (avec logette de surveillance) marquent l’entrée.
Désaffectée depuis 1984, la friche accueille aujourd’hui des services municipaux et le festival Cabaret Vert. Inscrite aux monuments historiques en 2012 et 2014, elle fait l’objet d’un projet de réhabilitation mêlant activités tertiaires et culturelle, incluant une scène de musiques actuelles (SMAC). Son patrimoine industriel, marqué par l’innovation et les aléas historiques, en fait un symbole de la révolution industrielle ardennaise.
Les sources soulignent son rôle dans l’économie locale, depuis la production de pièces pour cycles et automobiles jusqu’à sa reconversion contemporaine. Les architectes, comme Dardenne, et les industriels comme Clément, y ont laissé une empreinte durable, entre héritage technique et mémoire ouvrière.