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Anciennes forges d'Uza dans les Landes

Anciennes forges d'Uza

    36 Rue du Lac
    40170 Uza
Propriété privée
Anciennes forges dUza
Anciennes forges dUza
Crédit photo : Jibi44 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1759
Fondation de la forge
1806–1809
Reprise post-Révolution
1854–1864
Âge d'or ferroviaire
1903
Arrêt du haut fourneau
1981
Fermeture définitive
3 mai 2004
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ancien atelier d'usinage (cad. AA 1) : inscription par arrêté du 3 mai 2004

Personnages clés

Pierre de Lur-Saluces - Marquis et fondateur Donne la vicomté à son fils.
Henri Hercule Joseph de Lur-Saluces - Créateur du haut fourneau Fonde la forge en 1759.
Marie-Anne Henriette de Lur-Saluces - Associée et sœur Épouse du comte de Rostaing.
Compagnie Pigeot - Gestionnaire initial Responsable de la régie administrative.
Abbé Louis-Mathieu Desbiey - Fermier post-Révolution Relance la production en 1806.
François Dubourg - Associé de l'abbé Desbiey Participe à la reprise en 1806.

Origine et histoire

Les forges d'Uza, fondées en 1759 par le marquis Pierre de Lur-Saluces pour son fils Henri Hercule Joseph, marquent le début de la sidérurgie industrielle dans les Landes. Exploitant les ressources locales (minerai de fer de la garluche, charbon de bois issu des pins maritimes, et énergie hydraulique du ruisseau du Vignac), cette forge rurale produit initialement des boulets pour la marine et l’arsenal de Bayonne. Son activité, interrompue pendant la Révolution par l’émigration de son propriétaire, reprend difficilement au XIXe siècle avant de connaître un âge d’or sous le Second Empire.

La forge se spécialise alors dans les pièces pour le chemin de fer, grâce à des contrats avec la Compagnie du Midi lors de la construction de la ligne Bordeaux-Irun (1854–1864). En 1860, face à l’épuisement des gisements locaux, le site diversifie ses approvisionnements et aménage une retenue d’eau formant l’étang de la forge (6 ha). L’apogée coïncide avec la création de la commune d’Uza en 1872, issue d’un démembrement des territoires voisins. Cependant, la concurrence des Forges de l’Adour (Tarnos, ouvertes en 1881) et des coûts élevés entraînent l’arrêt du haut fourneau en 1903.

La production se limite ensuite à de la fonte de seconde fusion jusqu’à la fermeture définitive en 1981, marquant la fin des forges rurales landaises. Aujourd’hui, seul l’atelier d’usinage subsiste, inscrit aux monuments historiques en 2004. Il abrite encore des machines-outils et un outillage témoignant de cette aventure industrielle. Le haut fourneau, quant à lui, a été rasé. La forge d’Uza reste un symbole de la proto-industrialisation en milieu rural, où l’emploi salarié a bouleversé l’ordre social traditionnel.

Le site s’inscrit dans un réseau de forges landaises fondées entre le XVIIIe et le XIXe siècle (Pontenx, Ychoux, Pissos, Castets, Brocas), toutes disparues sauf l’activité sidérurgique moderne de Tarnos. Son histoire reflète les défis des petites industries locales face à la modernisation et à la concentration capitaliste. La retenue d’eau et l’église Saint-Louis (1867–1869) sont les autres vestiges de cette époque.

Classée parmi les monuments historiques, la forge d’Uza illustre le patrimoine industriel méconnu de la Nouvelle-Aquitaine. Son déclin s’explique par l’épuisement des ressources, la concurrence et l’obsolescence technique, mais son héritage perdure dans la mémoire locale et les paysages transformés par l’étang artificiel.

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