Frise chronologique
4-5 décembre 1989
Protection au titre des monuments historiques
Protection au titre des monuments historiques
4-5 décembre 1989 (≈ 5)
Inscription des moulins et systèmes hydrauliques.
1530
Première mention du moulin de la Rouzique
Première mention du moulin de la Rouzique
1530 (≈ 1530)
Moulin à blé attesté, futur moulin à papier.
1840
Invention du papier filtre
Invention du papier filtre
1840 (≈ 1840)
Par Monsieur Prat, sauvant l’industrie locale.
XVIIIe siècle
Conversion des moulins en papeteries
Conversion des moulins en papeteries
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Merle, Sous le Roc et Rouzique deviennent papetières.
1983
Arrêt de la production au moulin de la Rouzique
Arrêt de la production au moulin de la Rouzique
1983 (≈ 1983)
Fin de l’activité papetière traditionnelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Moulins contigüs de Merle et Sous le Roc, y compris leur système hydraulique (bief et plan d'eau) (cad. B 1329, 1331) : inscription par arrêté du 4 décembre 1989 - Moulin des Guillandoux, y compris les objets immeubles par destination ainsi que le système hydraulique (bief et plan d'eau) (cad. B 346, 347, 349, 353) : inscription par arrêté du 4 décembre 1989 - Bâtiment dit face au manoir (Moulin sous le Roc) (cad. A 16) : inscription par arrêté du 5 décembre 1989 - Maison dite des Contremaîtres, y compris les objets immeubles par destination (cad. A 17) : inscription par arrêté du 5 décembre 1989 - Maison Jardel (cad. A 16) : inscription par arrêté du 5 décembre 1989 - Etendoir de la Rouzique (cad. B 369) : inscription par arrêté du 5 décembre 1989 - Petit étendoir face à la Rouzique (cad. A 16) : inscription par arrêté du 5 décembre 1989 - Moulin de la Rouzique, y compris les objets immeubles par destination ainsi que le système hydraulique (bief et plan d'eau) (cad. B 1328, 1332, 1333) : inscription par arrêté du 5 décembre 1989
Personnages clés
| Monsieur Prat - Inventeur |
Créa le papier filtre en 1840. |
Origine et histoire
Les anciennes papeteries de Couze-et-Saint-Front sont un ensemble de moulins à eau installés sur la rivière Couze, dans le village de Dordogne. Dès le XVe siècle, ces moulins, initialement dédiés à la mouture de blé, se spécialisent progressivement dans la fabrication du papier. À leur apogée, au XIXe siècle, treize moulins fonctionnent simultanément, dont trois conservent encore leur activité papetière jusqu’à une époque récente. Le site est aujourd’hui protégé au titre des monuments historiques depuis 1989.
Le moulin de la Rouzique, attesté dès 1530 comme moulin à blé avant de se convertir en papeterie au XVIIIe siècle, est le plus emblématique du site. Il abrite désormais l’écono-musée du papier, où sont conservées les machines traditionnelles de fabrication, dont une machine à forme ronde et des piles hollandaises. Ce moulin, en activité jusqu’en 1983, symbolise la transition entre artisanat et industrialisation, notamment grâce à l’invention du papier filtre en 1840 par Monsieur Prat, qui sauva l’industrie locale.
Les moulins de Merle et Sous le Roc, ainsi que celui des Guillandoux, datent également du XVIe siècle et illustrent l’évolution des techniques papetières. Leur architecture, inchangée depuis 1750 pour certains, et leurs systèmes hydrauliques (biefs, plans d’eau) sont protégés depuis 1989. Le moulin des Guillandoux, utilisé comme papeterie et minoterie au XIXe siècle, possède deux séchoirs et était relié au moulin de la Rouzique pour le séchage du papier. Les maisons des Contremaîtres et Jardel, construites au XIXe siècle, complètent cet ensemble industriel et résidentiel.
L’activité papetière de la vallée de la Couze, centrée sur le papier chiffon puis le papier filtre, a marqué l’économie locale pendant quatre siècles. La reconversion partielle du site en musée et la protection de ses éléments (étendoirs, wagonnets, chiffonnerie troglodytique) témoignent de son importance patrimoniale. Aujourd’hui, ces anciennes papeteries offrent un aperçu unique des techniques préindustrielles et de leur adaptation aux révolutions technologiques.
La protection au titre des monuments historiques couvre non seulement les moulins et leurs mécanismes, mais aussi des éléments annexes comme les étendoirs (dont un relié par un réseau de rails à wagonnets) et une chiffonnerie troglodytique. Ces inscriptions, datées de décembre 1989, soulignent la valeur historique et technique d’un site qui fut l’un des principaux centres papetiers du sud-ouest de la France.