Origine et histoire des Archives nationales
Les anciens hôtels de Rohan et de Soubise, édifiés aux XVIIe et XVIIIe siècles, abritent aujourd’hui les Archives nationales. L’ensemble comprend notamment le bas‑relief des Chevaux du Soleil, la porte de l'ancien hôtel de Clisson et d’autres décors remaniés lors de réaménagements aux XIXe et XXe siècles, ainsi que la construction du CARAN. Les Archives nationales conservent les archives des organes centraux de l’État, à l’exception des fonds des ministères des Armées, de l’Économie et des Finances et des Affaires étrangères. L’institution trouve ses origines dans les décisions de l’Assemblée constituante : un archiviste est nommé dès 1789 et le décret de 1790 définit les Archives nationales comme dépôt des actes établissant la constitution du royaume et son droit public. La loi du 7 messidor an II (25 juin 1794) a renforcé la centralisation en faisant des Archives nationales le centre commun des dépôts publics, avant que l’autorité gouvernementale n’assume leur tutelle sous le Consulat. Avant leur installation à l’hôtel de Soubise en 1808, les archives furent successivement hébergées à Versailles, dans des bibliothèques parisiennes et au palais des Tuileries ; l’armoire de fer, conçue pour protéger des documents sensibles, reste un témoin de cette période. Les fonds couvrent l’histoire de la France depuis le VIIe siècle jusqu’à nos jours et sont répartis entre le site historique de Paris, le centre de Pierrefitte‑sur‑Seine et le site de Fontainebleau, le siège administratif étant situé à Pierrefitte, certains fonds restant à Paris. Deux autres services conservent des fonds d’intérêt national : les Archives nationales d’outre‑mer à Aix‑en‑Provence et les Archives nationales du monde du travail à Roubaix. Rattachées au ministère chargé de la Culture, les Archives nationales ont pour mission de collecter, classer, conserver, restaurer, communiquer et valoriser les archives publiques des services centraux ainsi que des fonds privés d’importance nationale. Les entrées des archives privées se font par donations, legs, achats, dations en paiement ou dépôts, chaque mode répondant à des règles juridiques spécifiques. Le classement repose sur un cadre méthodique ancien et complexe établi au début du XIXe siècle et s’accompagne de la production d’instruments de recherche pour rendre les fonds communicables. La conservation mobilise des actions préventives et curatives, des ateliers de restauration et des transferts de support (microfilm, numérisation) afin de préserver le contenu intellectuel et le support matériel des documents. La communication est conçue comme un principe démocratique : la consultation se fait en salles de lecture, soutenue par des instruments de recherche dématérialisés et des services d’aide à la recherche. Le site parisien, organisé autour des hôtels de Soubise et de Rohan, conserve principalement les archives de l’Ancien Régime, les minutes des notaires de Paris, la bibliothèque et le Musée des Archives nationales ; la consultation y est organisée notamment au CARAN. L’hôtel de Soubise, acquis par l’État pour y installer les Archives, a été adapté par des travaux successifs au XIXe siècle pour créer des magasins, des bureaux et un musée. L’hôtel de Rohan, affecté aux Archives nationales par décret en 1927 après le départ de l’Imprimerie nationale, a été restauré pour accueillir le Minutier central des notaires de Paris et des salons historiques ; des décors de l’ancien hôtel de Voyer d’Argenson y ont été remontés et ouverts au public à l’issue des opérations de restitution et de conservation. Le site de Fontainebleau, conçu pour accueillir d’importants versements contemporains, a abrité des unités de magasinage, des ateliers spécialisés et des collections d’archives électroniques ; il a été progressivement fermé et ses fonds transférés vers Paris et Pierrefitte. Le nouveau centre de Pierrefitte‑sur‑Seine, conçu pour les archives postérieures à la Révolution, a permis une vaste opération de reconditionnement, de numérisation et de modernisation des instruments de recherche et accueille de nombreux fonds contemporains. Les archives nativement numériques sont désormais gérées par des logiciels spécialisés : environ 200 millions de fichiers sont administrés depuis 2018 par Adamant dans le cadre du programme interministériel d’archivage. Les Archives nationales développent en outre des actions culturelles et artistiques, des expositions et des partenariats scientifiques, et mettent à disposition des chercheurs des instruments de recherche en ligne via la salle des inventaires virtuelle et plusieurs bases de données. La communication et la réutilisation des documents sont régies par le code du patrimoine : la communicabilité immédiate et la gratuité des informations publiques sont la règle, avec des délais ou des restrictions lorsque la loi protège des intérêts privés ou des droits d’auteur.