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Anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais à Paris 1er dans Paris 1er

Patrimoine classé Hotel particulier classé

Anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais

    6 Place Vendôme
    75001 Paris 1er Arrondissement
Propriété d'une société privée
Hôtel Thibert des Martrais à Paris
Anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais
Anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais
Anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais
Anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais
Anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais
Anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais
Crédit photo : Moonik - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1712
Construction de l’hôtel Thibert des Martrais
1718
Acquisition par Thibert des Martrais
1757
Vente à Jacques Paulze
1794
Exécutions sous la Terreur
1842
Création de l’hôtel du Rhin
1848
Séjour de Napoléon III
1933
Classement monuments historiques
1962–2008
Résidence d’Henri Salvador
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures sur la place : classement par arrêté du 3 avril 1933

Personnages clés

Robert de Cotte - Architecte Conçoit l’hôtel en 1712.
Jacques-Ennemond Thibert des Martrais - Avocat et propriétaire Acquiert l’hôtel en 1718.
Jacques Paulze - Fermier général Propriétaire de 1757 à 1793.
Antoine Lavoisier - Chimiste Gendre de Paulze, lié à l’hôtel.
Napoléon III - Président puis empereur Réside en 1848 à l’hôtel du Rhin.
Henri Salvador - Chanteur Habite l’hôtel de 1962 à 2008.

Origine et histoire

Les anciens hôtels Marquet de Bourgade, Heuzé de Vologer et Thibert des Martrais forment un ensemble architectural situé place Vendôme, dans le 1er arrondissement de Paris. L’hôtel Thibert des Martrais (ou hôtel Paulze), construit en 1712 par l’architecte Robert de Cotte pour Charles Icard, incarne le faste des résidences aristocratiques du début du XVIIIe siècle. Mitoyen de l’hôtel Heuzé de Vologer (no 4) et de l’hôtel Delpech de Chaumot (no 8), il illustre l’urbanisme prestigieux de la place Vendôme, conçue sous Louis XIV pour abriter l’élite financière et politique du royaume.

L’hôtel Thibert des Martrais change plusieurs fois de propriétaires au XVIIIe siècle. Acquis en 1718 par l’avocat Jacques-Ennemond Thibert des Martrais, il passe en 1757 à Jacques Paulze, fermier général et beau-père d’Antoine Lavoisier. Sous la Révolution, Jacques Paulze et Claire-Madeleine de Lambertye, épouse du propriétaire du no 4, sont guillotinés en 1794 pour haute trahison. Les deux hôtels sont ensuite réunis en 1842 sous le nom d’hôtel du Rhin, un établissement hôtelier qui accueille en 1848 le futur Napoléon III après son élection présidentielle.

Au XXe siècle, l’hôtel du Rhin est vendu en 1922 à André Millon, propriétaire de plusieurs palaces parisiens, avant d’être séparé en 1934 après la liquidation du groupe Millon. Le no 6 redevient un immeuble de rapport, abritant des résidents célèbres comme le chanteur Henri Salvador (1962–2008), qui y vit jusqu’à sa mort. Aujourd’hui, l’hôtel est une copropriété privée : il accueille la boutique et le musée de la maison Breguet, ainsi que l’Appartement Christian Dior au premier étage. Classé aux monuments historiques en 1933 pour ses façades et toitures, il témoigne de l’évolution sociale et architecturale de la place Vendôme.

L’hôtel Heuzé de Vologer (no 4), moins documenté dans les sources, est indissociable de l’histoire du no 6. Acquis par Nicolas Geoffroy de Villemain via le mariage avec Claire-Madeleine de Lambertye, il est réunifié avec le no 6 sous la propriété de Jacques-Liévin Van Caneghem (1798–1842), puis transformé en hôtel meublé. Leur destin commun reflète les bouleversements politiques et économiques de la France, de l’Ancien Régime à la modernité.

La place Vendôme, conçue comme un symbole de pouvoir royal, devient sous la Révolution un lieu de spoliations et de transformations. Les hôtels particuliers, initialement réservés à l’aristocratie et à la haute bourgeoisie, s’adaptent aux nouveaux usages (hôtellerie, copropriétés) tout en conservant leur prestige. Leur protection au titre des monuments historiques en 1933 souligne leur valeur patrimoniale, entre mémoire des Lumières et adaptation aux besoins contemporains.

Liens externes