Frise chronologique
Fin du Ier siècle av. J.-C.
Fondation augustéenne
Fondation augustéenne
Fin du Ier siècle av. J.-C. (≈ 5 av. J.-C.)
Création d’Anderitum comme capitale des Gabales.
IIe siècle apr. J.-C.
Apogée urbain
Apogée urbain
IIe siècle apr. J.-C. (≈ 250)
Extension maximale (40 ha), construction des monuments.
Fin IIIe siècle apr. J.-C.
Déclin amorcé
Déclin amorcé
Fin IIIe siècle apr. J.-C. (≈ 395)
Incendies, réduction de la ville.
Vers 530-540
Transfert à Mende
Transfert à Mende
Vers 530-540 (≈ 535)
Perte du statut de capitale au profit de Mende.
1828
Découverte clé
Découverte clé
1828 (≈ 1828)
Borne milliaire confirmant l’identification du site.
1954 et 1991
Protections MH
Protections MH
1954 et 1991 (≈ 1991)
Inscription des vestiges comme Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges archéologiques de la cité de Gabalium (cad. 203 à 205, 212, 214 à 219, 221 à 223, 1033 à 1036, 1052, 1138, 1142, 1144, 1150, 1154 à 1156, 1159 à 1161) : inscription par arrêté du 15 mars 1954 - Les parcelles renfermant des vestiges de la ville antique de Javols (cad. A 1110, 1111, 1143) : inscription par arrêté du 25 juillet 1991
Personnages clés
| Auguste - Empereur romain |
Fonda Anderitum vers 15 av. J.-C. |
| Jules César - Général et auteur romain |
Cita les Gabales comme clients des Arvernes. |
| Postume - Empereur des Gaules (260-269) |
Mentionné sur une borne milliaire trouvée dans l’arène. |
| Pierre Peyre - Archéologue (CNRS) |
Fouilla la « domus Peyre » dans les années 1970. |
| Alain Ferdière - Archéologue contemporain |
Dirigea des fouilles et études (1996-2004). |
Origine et histoire
Anderitum, fondée sous Auguste vers 15 av. J.-C., fut la capitale administrative et politique de la civitas des Gabales, un peuple gaulois mentionné par Jules César comme client des Arvernes. Son implantation visait à affaiblir l’influence arverne en créant un pôle rival. La ville, organisée selon un plan orthogonal, atteignit son apogée au IIe siècle avec des monuments publics (forum, thermes, théâtre-amphithéâtre) et une population estimée à plusieurs milliers d’habitants. Son déclin s’amorça dès la fin du IIe siècle, marqué par des incendies et une réduction progressive de son emprise urbaine.
La cité était un carrefour routier stratégique, située sur la voie reliant Lyon à Rodez et à la Méditerranée. Son site, dans une vallée encadrée de collines, fut aménagé avec des « quais » en granite pour canaliser le ruisseau du Triboulin, sujet aux crues. Les fouilles, initiées au XIXe siècle après la découverte d’une borne milliaire en 1828, ont révélé un centre monumental inscrit aux Monuments Historiques en 1954 et 1991. Les vestiges incluent des domus, des thermes, et un réseau viaire partiellement restauré.
Anderitum perdit son statut de capitale au profit de Mende vers 530-540, lorsque cette dernière devint siège épiscopal. La ville antique fut progressivement abandonnée, ses matériaux réutilisés comme carrières, et son emplacement recouvert par la végétation. Les recherches archéologiques modernes, combinant fouilles et technologies immersives (réalité virtuelle), ont permis de restituer partiellement son organisation. Le musée de Javols et des aménagements paysagers valorisent aujourd’hui ce site exceptionnel, témoin de la romanisation en moyenne montagne.
L’artisanat local, centré sur la métallurgie du cuivre, le travail du bois et la production de céramiques, reflétait une économie tournée vers les besoins immédiats. Les importations de céramiques (notamment de La Graufesenque) et de marbres exotiques (Égypte, Grèce, Italie) attestent de son intégration aux réseaux commerciaux romains. Les cultes domestiques, illustrés par des figurines de Vénus ou de déesses mères, coexistaient avec des pratiques religieuses gauloises, comme en témoigne la statue de Sylvain-Sucellus, dieu protecteur des artisans.
Le déclin d’Anderitum s’explique par une combinaison de facteurs : transfert politique vers Mende, absence de fortifications au Bas-Empire, et peut-être des changements climatiques défavorables. Contrairement à d’autres capitales éphémères, elle ne fut jamais ceinte de remparts, signe d’un déclin précoce et irréversible. Les nécropoles, situées en périphérie, révèlent une évolution des pratiques funéraires, passant de l’incinération (Haut-Empire) à l’inhumation (Bas-Empire et Haut Moyen Âge).