Frise chronologique
Ier siècle (dernier tiers)
Construction de l'aqueduc
Construction de l'aqueduc
Ier siècle (dernier tiers) (≈ 150)
Période estimée pour la Bouillide/Clausonnes
Début du IIe siècle
Construction de Font Vieille
Construction de Font Vieille
Début du IIe siècle (≈ 204)
Second aqueduc d'Antibes, plus récent
25 juillet 1936
Classement monument historique
Classement monument historique
25 juillet 1936 (≈ 1936)
Inscription par arrêté ministériel
2009
Découverte d'une citerne
Découverte d'une citerne
2009 (≈ 2009)
Capacité de 60 m³, Montée Dor de Souchère
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Aqueduc de Clausonnes (restes) : inscription par arrêté du 25 juillet 1936
Personnages clés
| Jules Formigé - Architecte et archéologue |
A étudié l'aqueduc (publication 1940) |
| Jean Foucras - Archéologue |
Co-auteur d'études sur la Bouillide |
| Paul Garczynski - Archéologue |
Collaborateur de Foucras sur l'aqueduc |
| Louis d'Aguillon - Restaurateur (XVIIIe siècle) |
Intervint sur la Font Vieille |
Origine et histoire
L’aqueduc de Clausonnes, aussi appelé aqueduc de la Bouillide, faisait partie des deux systèmes d’adduction d’eau construits par les Romains pour alimenter Antipolis (Antibes). D’une longueur d’environ 16 km, il comportait deux branches se rejoignant près du pont-aqueduc de la Valmasque, avant de franchir le vallon du Goa via un ouvrage à quatre travées, dont il reste aujourd’hui des vestiges (amorces d’arches et une pile). La source principale de la branche de la Bouillide se situait à Valbonne, tandis que celle de la Valmasque provenait de Mougins. L’aqueduc devait initialement aboutir rue de la République à Antibes, après avoir traversé le vallon de Laval et l’actuelle place De Gaulle.
Les études archéologiques suggèrent que l’aqueduc de la Bouillide, plus ancien que celui de la Font Vieille (daté du début du IIe siècle), remonte au dernier tiers du Ier siècle. Il était conçu pour alimenter des points stratégiques comme la fontaine romaine du jardin du presbytère. Parmi ses ouvrages remarquables, le pont-aqueduc du Goa, partiellement conservé, illustre les techniques de construction romaine. Des parallèles ont été établis avec l’aqueduc de Fréjus, soulignant des similitudes structurelles. L’ensemble a été classé monument historique par arrêté du 25 juillet 1936, protégeant ainsi ses restes encore visibles le long de son tracé.
Les fouilles et recherches récentes ont permis de préciser le parcours de l’aqueduc, notamment dans la zone urbaine d’Antibes, où des fragments ont été découverts rue du Haut-Castellet. Une citerne de 60 m3, probablement alimentée par récupération d’eau de pluie, a également été mise au jour en 2009 dans la Montée Dor de Souchère. Ces découvertes complètent la compréhension du réseau hydraulique romain dans la région, tout en mettant en lumière son importance pour le développement urbain d’Antipolis. Les travaux de Jules Formigé et d’autres archéologues, comme Jean Foucras et Paul Garczynski, ont contribué à documenter cet ouvrage, dont les vestiges témoignent encore aujourd’hui de l’ingénierie romaine.
L’aqueduc de Clausonnes s’inscrit dans un contexte plus large de gestion de l’eau sous l’Empire romain, où les villes côtières de Provence, comme Antibes, dépendaient de ces infrastructures pour leur approvisionnement. La comparaison avec d’autres aqueducs régionaux, tels que celui de Fréjus, révèle des pratiques constructives communes, adaptées aux contraintes topographiques locales. Bien que partiellement détruit, ce monument reste un exemple significatif du patrimoine hydraulique antique en Provence-Alpes-Côte d’Azur, illustrant à la fois les besoins croissants des cités romaines et le savoir-faire des ingénieurs de l’époque.