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Aqueduc de Coutances dans la Manche

Patrimoine classé Patrimoine hydraulique Aqueduc

Aqueduc de Coutances

  • 21 Rue de Saint-Malo
  • 50200 Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Aqueduc de Coutances
Crédit photo : Christian Kleis - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune ; propriété privée
50200 Coutances, 21 Rue de Saint-Malo

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1277
Décision de construction
1313
Première restauration
4e quart XIIIe siècle
Construction initiale
1566
Restauration post-incendie
1840
Classement monument historique
1939
Classement des abords
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Aqueduc (cad. AC 40 à 42) : classement par liste de 1840 ; Abords entre la route et l'aqueduc, et une bande de 25 mètres de largeur à partir de l'aqueduc, prise sur la parcelle DC 843 (cad. A 895 ; DC 843) : classement par décret du 10 août 1939

Personnages clés

Foulques Pesnel - Gouverneur de Coutances Initiateur de la construction en 1277.
Philippe le Hardi - Roi de France A apposé un acte pour l’aqueduc.
Robert Cenalis - Évêque d’Avranches A décrit l’aqueduc dans *Gallia historica*.
Adolphe Joanne - Auteur du XIXe siècle A documenté son état en 1867.

Origine et histoire de l'Aqueduc

L’aqueduc de Coutances, érigé au 4e quart du XIIIe siècle, avait pour vocation d’acheminer l’eau de la fontaine de l’Écoulanderie vers le couvent des Dominicains et la ville, en traversant la vallée du Bruisard. Sa construction, décidée en 1277 sous l’impulsion du gouverneur Foulques Pesnel, est attestée par un acte de Philippe le Hardi. L’ouvrage combinait un tronçon souterrain et une partie aérienne de 240 mètres, divisée en trois sections : un mur porteur, seize arcades (cinq en plein cintre, onze en tiers-point) franchissant la vallée, puis un second mur. Le système utilisait probablement un pont-siphon pour faire descendre l’eau de 125 m à 53 m d’altitude, avant de la remonter à 92 m.

L’aqueduc fut restauré à deux reprises, en 1313 puis en 1566 après l’incendie du couvent par les huguenots. Il fonctionna jusqu’au XVIIe siècle, avant de tomber en ruine. Au XIXe siècle, Adolphe Joanne (1867) notait que onze des seize arches étaient déjà détruites, ne laissant aujourd’hui que trois arches visibles. Classé parmi les monuments historiques dès 1840, son environnement immédiat fut également protégé par décret en 1939. Les sources historiques, comme celles de Louis-François de Fontenu et Charles de Gerville, évoquent un hypothétique aqueduc gallo-romain attribué à Constance Chlore, mais aucune preuve archéologique ne confirme cette théorie.

L’ouvrage illustre les techniques hydrauliques médiévales et le rôle des gouverneurs locaux dans l’aménagement urbain. Sa structure, décrite par Robert Cenalis dans Gallia historica, révèle une maîtrise avancée de l’ingénierie pour l’époque. Les restaurations successives témoignent de son importance pour la ville, malgré les destructions liées aux conflits religieux (guerres de Religion) et à l’érosion naturelle. Aujourd’hui, il constitue un vestige rare des systèmes d’adduction d’eau médiévales en Normandie, étudié par des historiens comme Émile-Auber Pigeon ou Eugène Lefèvre-Pontalis au tournant du XXe siècle.

Liens externes

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