Frise chronologique
40-80 apr. J.-C.
Construction probable
Construction probable
40-80 apr. J.-C. (≈ 60)
Sous l’empereur Claude, selon les études.
IIIe siècle
Dégradation de l’ouvrage
Dégradation de l’ouvrage
IIIe siècle (≈ 350)
Traces terreuses dans le conduit.
VIe siècle
Abandon présumé
Abandon présumé
VIe siècle (≈ 650)
Fin de l’exploitation estimée.
1840
Classement du pont du Gard
Classement du pont du Gard
1840 (≈ 1840)
Première protection officielle.
1926
Étude d’Émile Espérandieu
Étude d’Émile Espérandieu
1926 (≈ 1926)
Premières recherches modernes.
1984-1990
Nouvelle campagne d’études
Nouvelle campagne d’études
1984-1990 (≈ 1987)
Datation précise et analyse des concrétions.
1998
Inscription des vestiges de Lédenon
Inscription des vestiges de Lédenon
1998 (≈ 1998)
Protection des parcelles traversées.
2023
Découverte d’une portion amont
Découverte d’une portion amont
2023 (≈ 2023)
Extension possible vers Saint-Quentin-la-Poterie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges archéologiques de l'aqueduc de Nîmes et les parcelles traversées ou bordées par son tracé (cad. F 109, 110, 112, 113, 115, 119, 120, 179, 190 à 192, 194 à 199, 202, 289, 290, 308, 314, 315, 348 à 351, 360 à 365, 420, 432, 443, 588, 623, 845, 1016 à 1019, 1022, 1024, 1025, 1027, 1048 à 1051) : inscription par arrêté du 23 décembre 1998
Personnages clés
| Claude - Empereur romain |
Règne durant la construction probable. |
| Émile Espérandieu - Archéologue |
Auteur de l’étude fondatrice (1926). |
Origine et histoire
L’aqueduc de Nîmes est un monument gallo-romain construit entre 40 et 80 apr. J.-C., probablement sous l’empereur Claude. Il reliait la fontaine d’Eure près d’Uzès à Nîmes, parcourant 50 km à travers la garrigue. Son tracé inclut le pont du Gard, chef-d’œuvre d’ingénierie, et se termine au castellum divisorium de Nîmes. Des recherches (1926, 1984-1990) ont révélé deux phases d’utilisation : une première en eau claire (150 ans), puis une dégradation à partir du IIIe siècle, avec un abandon probable au VIe siècle.
La construction combine un radier en béton de chaux, des pieds-droits maçonnés étanchés, et un canal recouvert d’une voûte ou de dalles. Un enduit rougeâtre (maltha), à base de chaux et de sable de quartz, renforçait l’étanchéité. La pente constante de 25 cm/km permettait un débit de 35 000 m3/jour. Des contreforts renforçaient l’édifice sur certains tronçons. En 2023, une portion amont a été découverte, suggérant une extension de 2 km vers Saint-Quentin-la-Poterie.
L’aqueduc est protégé au titre des monuments historiques par étapes : le pont du Gard classé dès 1840, le castellum de Nîmes en 1875, puis divers vestiges (arche de la combe Pradier, ponts de Pont-Rou) entre 1979 et 1999. Les communes concernées (Uzès, Remoulins, Lédenon, etc.) ont vu leurs sections inscrites progressivement. Ce monument illustre l’expertise romaine en hydraulique et son intégration au paysage méditerranéen.
Les matériaux utilisés — mortier de chaux, calcaire, enduits spécifiques — témoignent de techniques avancées pour l’époque. L’analyse des concrétions sur les parois a permis de dater les périodes d’usage et de déclin. L’aqueduc, étudié par Émile Espérandieu (1926) puis par des équipes interdisciplinaires (1984-1990), reste une référence pour comprendre les infrastructures romaines en Gaule narbonnaise.
Son tracé traverse plusieurs communes du Gard, dont Lédenon où des vestiges sont inscrits depuis 1998. La source initiale, la fontaine d’Eure, pourrait avoir été complétée par des captages à Saint-Quentin-la-Poterie, révélant une complexité accrue du système. L’ouvrage, en plus de son utilité pratique, symbolise le pouvoir romain et son impact sur l’urbanisme de Nîmes, alors colonie prospère.