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Aqueduc de Nîmes à Uzès dans le Gard

Aqueduc de Nîmes

    599 Fontaine d'Eure30700 Uzès
Propriété privée ; propriété de la commune
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
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Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
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Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Aqueduc de Nîmes
Crédit photo : Hernandlucas - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
1800
1900
2000
40–80 apr. J.-C.
Construction de l’aqueduc
1840
Premier classement (pont du Gard)
1984–1990
Fouilles modernes
2023
Découverte d’un tronçon amont
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Vestiges archéologiques de l'aqueduc et les parcelles traversées ou bordées par son tracé (cad. AL 43, 112 à 120, 123 à 125, 166 ; AM 33, 164, 170, 181, 190, 192 à 194, 203, 209, 211 ; AO 43 à 46, 59, 63, 134, 170, 171, 181, 244, 249, 270, 273, 274, 315, 336, 352, 368, 396, 397, 411, 419, 421, 422, 439, 452, 454, 467, 468, 470, 471, 485 à 487, 490, 501, 521) : inscription par arrêté du 25 juillet 1997

Personnages clés

Claude - Empereur romain Règne probable pendant la construction
Émile Espérandieu - Archéologue Étude fondatrice en 1926
Jean-Luc Fiches - Archéologue (CNRS) Dirige les fouilles 1984–1990
Guilhem Fabre - Spécialiste des aqueducs Co-auteur d’études techniques
J.C. Gilly - Géochimiste Analyse des incrustations (1986)

Origine et histoire

L’aqueduc de Nîmes, édifié entre 40 et 80 apr. J.-C. probablement sous l’empereur Claude, était destiné à alimenter la cité de Nîmes en eau depuis les sources d’Uzès. Son tracé de 50 km, incluant le célèbre pont du Gard, témoigne d’une maîtrise exceptionnelle de l’hydraulique romaine, avec une pente constante de 25 cm/km permettant un débit de 35 000 m3/jour. Des analyses des concrétions sur ses parois révèlent deux phases d’utilisation : une première période de fonctionnement optimal (Ier–IIe siècles), suivie d’une dégradation progressive à partir du IIIe siècle, avec un abandon probable au VIe siècle.

La construction combinait des techniques avancées : un radier en béton de chaux et calcaire, des pieds-droits maçonnés étanchés, et un canal recouvert d’une voûte ou de dalles. Un enduit rougeâtre spécifique, la maltha (mélange de chaux, sable quartzique et oxyde ferrique), assurait l’étanchéité. Des contreforts renforçaient l’ouvrage sur certains tronçons. En 2023, la découverte d’une portion amont près de Saint-Quentin-la-Poterie suggère une extension du réseau de captage, allongant le tracé initial de plus de 2 km.

Classé partiellement dès 1840 (pont du Gard), l’aqueduc a bénéficié de protections successives entre 1979 et 1999 pour ses vestiges dispersés sur 11 communes du Gard. Les fouilles modernes (1984–1990) ont confirmé son rôle clé dans l’alimentation en eau de Nîmes, tout en révélant des détails sur sa construction et son déclin. Les éléments protégés incluent des arches, des ponts intermédiaires (comme ceux de Pont-Rou ou Font Menestière), et des tronçons souterrains analysés pour leur technique architecturale.

L’ouvrage illustre l’ingéniosité romaine en matière de gestion des ressources, avec un système conçu pour durer plusieurs siècles. Son abandon coïncide avec les bouleversements politiques et économiques de l’Antiquité tardive, marqués par un déclin des infrastructures publiques. Aujourd’hui, ses vestiges, répartis entre propriétés privées et communales, offrent un témoignage matériel de la romanisation en Narbonnaise et de son héritage technique.

Les études géochimiques (comme celle de J.C. Gilly en 1986) et archéologiques (dirigées par Jean-Luc Fiches et Guilhem Fabre) ont permis de préciser les sources d’alimentation et les phases de construction. L’aqueduc reste un sujet d’étude pour comprendre les réseaux hydrauliques antiques et leur adaptation aux contraintes géographiques, comme en attestent les publications du CNRS et les fouilles interdisciplinaires menées sur le tronçon de la haute Vistrenque.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours