Frise chronologique
1609
Acquisition des terrains à Rungis
Acquisition des terrains à Rungis
1609 (≈ 1609)
Début des études sous Sully pour Henri IV.
17 juillet 1613
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
17 juillet 1613 (≈ 1613)
Par Louis XIII au regard de Rungis.
19 mai 1623
Mise en service partielle
Mise en service partielle
19 mai 1623 (≈ 1623)
Jusqu’à la Maison du Fontainier.
1628
Alimentation complète de Paris
Alimentation complète de Paris
1628 (≈ 1628)
Fontaines publiques desservies après 5 ans.
1843
Raccordement aux réservoirs du Panthéon
Raccordement aux réservoirs du Panthéon
1843 (≈ 1843)
Modification du tracé parisien sous le Second Empire.
1904
Redirection vers le lac Montsouris
Redirection vers le lac Montsouris
1904 (≈ 1904)
Fin des réservoirs du Panthéon.
10 février 1988
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
10 février 1988 (≈ 1988)
Protection de l’aqueduc et de 4 regards.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'aqueduc dans son ensemble y compris ses ouvrages extérieurs : regards n°s 6, 7, 8 et 9 (cad. AH 81 ; AG 85 ; X 191 ; R 181) : inscription par arrêté du 10 février 1988
Personnages clés
| Marie de Médicis - Reine mère et régente |
Commanditaire de l’aqueduc pour le Luxembourg. |
| Henri IV - Roi de France |
Initiateur du projet avec Sully. |
| Maximilien de Béthune, duc de Sully - Ministre d’Henri IV |
Lance les études en 1609. |
| Jean Coingt - Entrepreneur |
Premier constructeur, mort en 1614. |
| Jean Gobelain (ou Gobelin) - Gendre de Coingt |
Reprend le chantier après 1614. |
| Louis XIII - Roi de France |
Pose la première pierre en 1613. |
| Thomas Francine - Ingénieur |
Conçoit le pont-aqueduc d’Arcueil-Cachan. |
| Louis Métezeau - Architecte |
Collabore au pont-aqueduc avec Francine. |
Origine et histoire
L’aqueduc Médicis, aussi appelé aqueduc des eaux de Rungis, fut construit au XVIIe siècle sur ordre de Marie de Médicis pour alimenter Paris en eau. Il capte les sources de Rungis (Val-de-Marne) et suit un tracé souterrain de 10 420 mètres, traversant L'Haÿ-les-Roses, Fresnes, Cachan, Arcueil, Gentilly et le 14e arrondissement de Paris. Mis en service en 1623, il reste opérationnel aujourd’hui, géré par Eau de Paris. Son unique pont-aqueduc, à Arcueil-Cachan, franchit la vallée de la Bièvre et est classé monument historique.
La construction débuta en 1613 sous la direction de Jean Coingt, puis de son gendre Jean Gobelain, avec la pose solennelle de la première pierre par Louis XIII. L’aqueduc fut conçu pour approvisionner le palais du Luxembourg et les fontaines parisiennes, avec un débit initial de 1 280 m3/jour. Son tracé reprend partiellement celui de l’aqueduc gallo-romain de Lutèce, mais à une altitude légèrement supérieure. La galerie souterraine, large d’1 mètre et haute de 1,75 m, est ponctuée de 21 regards (dont 3 classés) permettant l’accès et l’entretien.
Au XIXe siècle, la partie parisienne fut modifiée : les eaux furent redirigées vers les réservoirs du Panthéon, puis vers le lac Montsouris après 1904. Malgré l’urbanisation et la disparition de nombreuses sources (notamment à Rungis), l’aqueduc fonctionne encore grâce aux eaux de la plaine de Paray et des coteaux de la Bièvre. Ses regards, comme le « regard Louis XIII » à Rungis ou le no 13 à Arcueil, témoignent de son architecture d’origine. L’ensemble est protégé, avec des servitudes limitant les constructions à proximité.
L’aqueduc Médicis illustre les défis historiques de l’approvisionnement en eau à Paris. Commandé pour desservir la rive gauche, alors délaissée (1 fontaine publique contre 19 à droite), il symbolise aussi l’ambition urbanistique de Marie de Médicis. Aujourd’hui, bien que son eau ne soit plus potable, il reste un vestige actif du patrimoine hydraulique français, étudié pour son ingénierie et son histoire.
Parmi ses éléments remarquables, le pont-aqueduc d’Arcueil-Cachan (379 m de long, 18,86 m de haut) domine la Bièvre et surplombe le cimetière de Cachan. Classé monument historique, il coexiste avec l’aqueduc de la Vanne, construit ultérieurement. Les regards, comme celui de la Cité universitaire (no 21) ou la Maison du Fontainier (14e arrondissement), rappellent son rôle dans la distribution de l’eau, autrefois vendue en concessions à des institutions ou particuliers.