Frise chronologique
1613-1619
Construction de l’aqueduc Médicis
Construction de l’aqueduc Médicis
1613-1619 (≈ 1616)
Alimentation du Luxembourg pour Marie de Médicis
1867-1874
Construction de l’aqueduc de la Vanne
Construction de l’aqueduc de la Vanne
1867-1874 (≈ 1871)
Œuvre d’Eugène Belgrand pour Montsouris
1871
Dommages lors de la Commune
Dommages lors de la Commune
1871 (≈ 1871)
Tirs de canons sur l’aqueduc de la Vanne
1988-1991
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1988-1991 (≈ 1990)
Protection des ponts-aqueducs et regards
7 mars 2009
Illumination nocturne
Illumination nocturne
7 mars 2009 (≈ 2009)
Mise en valeur du patrimoine
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Aqueduc dans son ensemble avec ses ouvrages extérieurs : regards n°s 13, 14, 15, 17 et 18, et partie superposée du 19s du pont-aqueduc (délimitée par les regards n°s 13 et 14) entre Arcueil et Cachan (cad. S 158 ; K 73, 140 ; M 152 ; N 063) : inscription par arrêté du 10 février 1988 ; Partie 17s du pont-aqueduc Médicis (à l'exclusion de la partie 19s) délimitée par les regards n°s 13 et 14 (cad. S 158 ; R 73) : classement par arrêté du 26 février 1991
Personnages clés
| Marie de Médicis - Commanditaire |
Fait construire l’aqueduc Médicis (1613) |
| Thomas Francine - Maître d’œuvre |
Conçoit l’aqueduc Médicis (1614-1619) |
| Eugène Belgrand - Ingénieur hydraulicien |
Conçoit l’aqueduc de la Vanne (1867-1874) |
| Adolphe Thiers - Responsable politique |
Troupes versaillaises endommagent l’aqueduc (1871) |
Origine et histoire
L’aqueduc des Eaux de Rungis, situé principalement à Arcueil mais s’étendant aussi sur Rungis, Fresnes, L'Haÿ-les-Roses, Cachan, Gentilly et Paris 14e, est un système hydraulique majeur des XVIIe et XIXe siècles. Il se compose de plusieurs ouvrages superposés, dont les aqueducs Médicis (1613-1619) et de la Vanne (fin XIXe), conçus pour transporter les eaux de la Vanne, du Loing et du Lunain vers Paris. Ces rivières, prenant leur source en Bourgogne, Champagne et Gâtinais, parcourent jusqu’à 160 km avant d’alimenter la capitale, avec un débit de 145 000 m3 par jour encore aujourd’hui.
L’aqueduc Médicis, commandé par Marie de Médicis pour alimenter son palais du Luxembourg et ses jardins, fut édifié en pierre de taille sous la direction de Thomas Francine. Ses parements portent des marques de tailleurs de pierre, témoignages des techniques artisanales de l’époque. Cet ouvrage, long de 379 mètres et composé de 9 arcades, servit plus tard de fondations à l’aqueduc de la Vanne, construit par Eugène Belgrand entre 1867 et 1874. Ce dernier, haut de 38 mètres et long d’un kilomètre, fut partiellement endommagé lors de la Commune de Paris en 1871 par des tirs de canons des troupes versaillaises.
L’aqueduc du Loing et du Lunain, moins imposant, utilise un système de siphons le long des coteaux, seule sa partie centrale étant surélevée pour franchir la vallée. Les quatre aqueducs, dont un vestige gallo-romain (peut-être lié aux thermes de Cluny), illustrent l’évolution des techniques hydrauliques sur deux millénaires. Depuis 2009, ils sont illuminés la nuit, mettant en valeur ce patrimoine industriel et architectural. Leur présence a aussi marqué la culture populaire, apparaissant dans des films comme Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain ou Le Clan des Siciliens.
Classé Monument Historique en 1988 et 1991, l’ensemble comprend des regards numérotés et des parties protégées entre Arcueil et Cachan. Les marques de l’histoire y sont visibles, des graffitis des carriers du XVIIe siècle aux impacts de balles de 1871. Aujourd’hui propriété des communes, il reste un symbole de l’ingénierie française, mêlant héritage antique, Renaissance et révolution industrielle.