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Aqueduc du Gier section du Langonand à Saint-Chamond dans la Loire

Aqueduc du Gier section du Langonand

    2 Allée Jean le Rond d'Alembert
    42400 Saint-Chamond
Propriété privée
Crédit photo : Arnaud Fafournoux - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1800
1900
2000
vers 110 ap. J.-C.
Construction sous Trajan
1887
Découverte de la Pierre de Chagnon
1908
Thèse de Germain de Montauzan
2018
Sélection Loto du Patrimoine
3 mars 2022
Protection section du Langonand
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le canal sis chemin de la Marquette ainsi que le terrain correspondant à la zone de présomption de prescription archéologique, sur la parcelle n° 41, figurant au cadastre section ZA : inscription par arrêté du 28 septembre 2023

Personnages clés

Trajan - Empereur romain (98–117 ap. J.-C.) Règne durant la construction de l’aqueduc.
Hadrien - Empereur romain (117–138 ap. J.-C.) Auteur d’un édit de protection (Pierre de Chagnon).
Germain de Montauzan - Archéologue (XXe siècle) Auteur de la thèse de référence (1908).
Guillaume Marie Delorme - Antiquaire (XVIIIe siècle) Premier tracé complet de l’aqueduc.
Paul de Gasparin - Ingénieur (XIXe siècle) Cartographie et calculs techniques (1834).

Origine et histoire

L’aqueduc du Gier, long de 86 km, est l’un des quatre aqueducs antiques desservant Lugdunum (Lyon). Construit probablement sous Trajan (vers 110 ap. J.-C.), il puise ses eaux dans la rivière Gier, affluent du Rhône. Son tracé, étudié dès le XVIe siècle par des érudits comme Pierre Sala et Guillaume Marie Delorme, combine tunnels, ponts-siphons et tranchées couvertes. La section du Langonand, à Saint-Chamond, inclut un pont-aqueduc de 200 m franchissant la vallée du Janon, partiellement enfoui en 1998.

La datation de l’aqueduc a fait débat : initialement attribuée à Claude ou Auguste, la découverte en 2018 de coffrages en bois datés de 110 ap. J.-C. (règne de Trajan) a permis de préciser sa construction, bien qu’une finition sous Hadrien reste possible. Des bornes de protection, comme la Pierre de Chagnon (1887), attestent de réglementations strictes pour préserver l’ouvrage, reprenant une loi augustéenne interdisant labours ou plantations à proximité.

Classé Monument Historique par vagues successives (1875, 1912, 1930, 1986), l’aqueduc utilise des techniques romaines variées : siphons (Durèze, Yzeron), tunnels (825 m à Mornant), et ponts-canaux comme celui du Plat de l’Air (Chaponost), orné d’opus reticulatum. La section du Langonand, protégée en 2022, comprend cinq piles visibles sur les sept à neuf originales, illustrant l’ingénierie romaine adaptée au relief.

Les recherches modernes, depuis les travaux de Germain de Montauzan (1908) jusqu’aux fouilles récentes, ont affiné la connaissance de son tracé et de ses 1 000 regards de visite espacés selon les préconisations de Vitruve. Malgré des dégradations (déplacement d’un tronçon à Chaponost en 2006), des restaurations (2010 à Chaponost) et des protections juridiques visent à préserver ce patrimoine exceptionnel, sélectionné pour le Loto du Patrimoine en 2018.

L’aqueduc du Gier symbolise l’apogée de l’ingénierie hydraulique romaine en Gaule, combinant innovation technique (siphons à haute pression, mortier étanche opus signinum) et intégration paysagère. Son parcours, de Saint-Chamond à Lyon, traverse 14 communes, avec des vestiges emblématiques comme le pont-siphon de Beaunant (123 m de flèche) ou les arches du Plat de l’Air, classées dès 1900.

Liens externes