Frise chronologique
70–120 ap. J.-C.
Extension majeure
Extension majeure
70–120 ap. J.-C. (≈ 95)
Ajout des sources du Douhet et Vénérand.
vers 20 ap. J.-C.
Construction initiale
Construction initiale
vers 20 ap. J.-C. (≈ 100)
Première phase sous les Julio-Claudiens.
IVe siècle
Abandon du système
Abandon du système
IVe siècle (≈ 450)
Fin de l’utilisation des aqueducs.
2010
Découverte d’une troisième phase
Découverte d’une troisième phase
2010 (≈ 2010)
Tranche non datée mise au jour.
depuis 2012
Projet de valorisation
Projet de valorisation
depuis 2012 (≈ 2012)
Comité pour la restauration et visite.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Abel Triou - Archéologue |
A reconstitué le tracé complet (1968). |
| Bernard Bourgueil - Archéologue (SAHCM) |
Relance les fouilles en 2003. |
| Jean-Louis Hillairet - Archéologue (Inrap) |
Découvre un troisième aqueduc (2010). |
| M. Bailhache - Hydrologue |
Estime les débits en 1979. |
Origine et histoire
L’aqueduc romain de Saintes, construit vers l’an 20 sous les Julio-Claudiens, était un ouvrage hydraulique majeur destiné à alimenter Mediolanum Santorum (Saintes) en eau potable. Il approvisionnait les thermes de Saint-Vivien et Saint-Saloine, ainsi que des fontaines publiques, grâce à un réseau de canalisations en pierre de 60 cm de profondeur, exploitant une pente inférieure à 1 mm/m. Son tracé, long de 18 km, combinait tunnels souterrains, rigoles à ciel ouvert et ponts-aqueducs, comme le pont-canal de 160 m encore partiellement visible au Vallon des Arcs.
L’aqueduc a connu trois phases de construction. La première, centrée sur la source de Font Morillon (Fontcouverte), date des années 20. Une extension majeure, entre 70 et 120, a doublé le débit en intégrant les sources du Douhet et de Vénérand, avec des galeries plus larges. Une troisième tranche, découverte en 2010, reste non datée. L’ensemble a cessé de fonctionner au IVe siècle, mais ses vestiges — piles de pont, sections souterraines et bassins — témoignent de son ingénierie, comme la salle voûtée de Font Morillon, aujourd’hui en cours de fouilles.
Les sources, toujours actives, étaient captées via des bassins en pierre (comme le demi-cercle de 3 m à Font Morillon) et des canaux parallèles. Le système utilisait la gravité sur un dénivelé minimal, avec des siphons présumés pour franchir la Charente. Les Romains ont réutilisé des failles naturelles, comme à Grand Font, déjà exploitée à la protohistoire. Les matériaux ont été largement réemployés après l’abandon, ne laissant que des traces fragmentaires, dont deux piles du pont-canal et des galeries visitables.
Les fouilles archéologiques, initiées dès le XVIIIe siècle, ont été systématisées par Abel Triou (années 1960), qui a reconstitué le tracé complet. Depuis 2003, des équipes comme celles de Bernard Bourgueil (SAHCM) et Jean-Louis Hillairet (Inrap) ont révélé un troisième aqueduc superposé et des puits comblés. Un comité piloté par les communes, la DRAC et des associations œuvre depuis 2012 à sa préservation et à son ouverture au public, tandis qu’un tronçon de canalisation est exposé au musée archéologique de Saintes.
Le débit journalier estimé en 1979 par M. Bailhache atteignait 19 375 m3 pour la source du Douhet, la plus productive. Les dépôts calcaires avaient cependant réduit de moitié la capacité des canalisations à la fin de l’exploitation. Les vestiges visibles incluent aussi des lavoirs des XVIIIe–XIXe siècles, construits à proximité des sources, comme celui de Font Morillon, où l’eau s’écoule encore à l’air libre sur une grande partie du parcours.