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Aqueduc gallo-romain de Saintes à Fontcouverte en Charente-Maritime

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Aqueduc gallo-romain Patrimoine hydraulique

Aqueduc gallo-romain de Saintes à Fontcouverte

    Le Bourg
    17100 Fontcouverte
Aqueduc gallo-romain de Saintes à Fontcouverte
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Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
400
500
2000
70–120 ap. J.-C.
Extension majeure
vers 20 ap. J.-C.
Construction initiale
IVe siècle
Abandon du système
2010
Découverte d’une troisième phase
depuis 2012
Projet de valorisation
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Abel Triou - Archéologue A reconstitué le tracé complet (1968).
Bernard Bourgueil - Archéologue (SAHCM) Relance les fouilles en 2003.
Jean-Louis Hillairet - Archéologue (Inrap) Découvre un troisième aqueduc (2010).
M. Bailhache - Hydrologue Estime les débits en 1979.

Origine et histoire

L’aqueduc romain de Saintes, construit vers l’an 20 sous les Julio-Claudiens, était un ouvrage hydraulique majeur destiné à alimenter Mediolanum Santorum (Saintes) en eau potable. Il approvisionnait les thermes de Saint-Vivien et Saint-Saloine, ainsi que des fontaines publiques, grâce à un réseau de canalisations en pierre de 60 cm de profondeur, exploitant une pente inférieure à 1 mm/m. Son tracé, long de 18 km, combinait tunnels souterrains, rigoles à ciel ouvert et ponts-aqueducs, comme le pont-canal de 160 m encore partiellement visible au Vallon des Arcs.

L’aqueduc a connu trois phases de construction. La première, centrée sur la source de Font Morillon (Fontcouverte), date des années 20. Une extension majeure, entre 70 et 120, a doublé le débit en intégrant les sources du Douhet et de Vénérand, avec des galeries plus larges. Une troisième tranche, découverte en 2010, reste non datée. L’ensemble a cessé de fonctionner au IVe siècle, mais ses vestiges — piles de pont, sections souterraines et bassins — témoignent de son ingénierie, comme la salle voûtée de Font Morillon, aujourd’hui en cours de fouilles.

Les sources, toujours actives, étaient captées via des bassins en pierre (comme le demi-cercle de 3 m à Font Morillon) et des canaux parallèles. Le système utilisait la gravité sur un dénivelé minimal, avec des siphons présumés pour franchir la Charente. Les Romains ont réutilisé des failles naturelles, comme à Grand Font, déjà exploitée à la protohistoire. Les matériaux ont été largement réemployés après l’abandon, ne laissant que des traces fragmentaires, dont deux piles du pont-canal et des galeries visitables.

Les fouilles archéologiques, initiées dès le XVIIIe siècle, ont été systématisées par Abel Triou (années 1960), qui a reconstitué le tracé complet. Depuis 2003, des équipes comme celles de Bernard Bourgueil (SAHCM) et Jean-Louis Hillairet (Inrap) ont révélé un troisième aqueduc superposé et des puits comblés. Un comité piloté par les communes, la DRAC et des associations œuvre depuis 2012 à sa préservation et à son ouverture au public, tandis qu’un tronçon de canalisation est exposé au musée archéologique de Saintes.

Le débit journalier estimé en 1979 par M. Bailhache atteignait 19 375 m3 pour la source du Douhet, la plus productive. Les dépôts calcaires avaient cependant réduit de moitié la capacité des canalisations à la fin de l’exploitation. Les vestiges visibles incluent aussi des lavoirs des XVIIIe–XIXe siècles, construits à proximité des sources, comme celui de Font Morillon, où l’eau s’écoule encore à l’air libre sur une grande partie du parcours.

Liens externes