Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Aqueduc gallo-romain de Vers dans le Lot

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Aqueduc gallo-romain Patrimoine hydraulique
Aqueduc gallo-romain de Vers
Aqueduc gallo-romain de Vers
Aqueduc gallo-romain de Vers

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
400
500
600
1900
2000
entre -10 et 10 apr. J.-C.
Datation des captages
fin Ier – début IIe siècle apr. J.-C.
Construction des thermes
IVe – début Ve siècle
Fin de fonctionnement
26 novembre 1953
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pontius Polemius - Préteur des Gaules (hypothèse rejetée) Attribution erronée via une brique
Didier Rigal - Archéologue spécialiste Études sur datation et tracé

Origine et histoire

L’aqueduc romain de Divona, situé principalement sur la commune de Vers en Occitanie, fut édifié pour approvisionner en eau potable la cité antique de Divona Cadurcorum (actuelle Cahors). Son tracé de 33 km, partant des sources près de l’oppidum de Murcens, suivait la vallée du Vers puis celle du Lot jusqu’aux thermes romains de Cahors, dont subsiste l’Arc de Diane. La datation de l’ouvrage, bien que débattue, est associée à celle des thermes, construits entre la fin du Ier et le début du IIe siècle apr. J.-C., avec des indices de captages datant de -10 à 10 apr. J.-C. grâce à des analyses de charbons de bois.

Une tradition ancienne attribuait sa construction à un certain Polémius, en raison d’une brique dédicacée découverte au XVIIe siècle. Cependant, les recherches de Didier Rigal ont invalidé cette hypothèse, les Polemius connus étant postérieurs à la période de construction. L’aqueduc fonctionna probablement jusqu’au IVe ou Ve siècle, en parallèle avec l’utilisation des thermes. Son tracé traversait 784 propriétés privées, avec une pente moyenne de 0,11 % et un débit estimé à 11 000 m3 par jour, illustrant une maîtrise hydraulique remarquable.

Les vestiges de Vers, inscrits aux monuments historiques en 1953, incluent des bassins de captage près de la fontaine de Polémie et un barrage sur le Vers. L’hypothèse d’un lien entre le déplacement de la population de l’oppidum de Murcens vers Divona après la conquête romaine renforce l’importance stratégique de cet aqueduc. Son abandon coïncide avec le déclin des infrastructures urbaines à la fin de l’Antiquité, marquant la transition vers le Moyen Âge dans la région.

Les études archéologiques, notamment celles de Didier Rigal et de l’INRAP, ont permis de préciser son tracé et ses techniques de construction. Des fouilles récentes, comme celles mentionnées en 2005 par La Dépêche, ont révélé de nouveaux vestiges, confirmant son rôle central dans l’urbanisme romain du Quercy. L’aqueduc reste un témoignage majeur de l’intégration des territoires gaulois dans l’Empire, via des aménagements hydrauliques durables.

Liens externes