Origine et histoire de l'Aqueduc Médicis du Pont-canal
L’aqueduc Médicis, aussi appelé aqueduc des eaux de Rungis, fut commandé par Marie de Médicis pour alimenter Paris en eau potable. Mis en service en 1623, il capte les sources de Rungis (Val-de-Marne) et traverse plusieurs communes, dont Gentilly, via un tracé souterrain de 12 936 mètres à l’origine. Son point d’orgue est le pont-aqueduc d’Arcueil-Cachan, long de 379 mètres, franchissant la vallée de la Bièvre. L’ouvrage, toujours en fonction, est géré par Eau de Paris et partiellement classé aux monuments historiques.
La construction débuta en 1613 sous la direction de Jean Coingt, puis de son gendre Jean Gobelain, avec une inauguration solennelle par Louis XIII. L’aqueduc fut conçu pour desservir le palais du Luxembourg et les fontaines publiques de la rive gauche, alors démunie. Son tracé suit partiellement celui de l’aqueduc gallo-romain de Lutèce, mais à une altitude supérieure. La galerie souterraine, large d’1 mètre, permet une circulation piétonne à sec sur toute sa longueur.
Au XIXe siècle, la partie parisienne fut déclassée, redirigeant les eaux vers les réservoirs du Panthéon, puis vers le lac Montsouris. Aujourd’hui, l’aqueduc, réduit à 10 420 mètres, est alimenté par les sources de la plaine de Paray, celles de Rungis étant taries. Ses 21 regards (dont 3 classés) et son pont-aqueduc, œuvre de Thomas Francine et Louis Métezeau, témoignent de son ingénierie historique.
Les eaux, autrefois réputées pures, sont désormais impropres à la consommation en raison de l’urbanisation. L’aqueduc distribuait initialement 1 280 m3/jour, répartis entre le Luxembourg et 14 fontaines publiques, comme celle des Carmélites ou du Pot-de-Fer. Son héritage inclut aussi la Maison du Fontainier (14e arrondissement), classée en 1994, où les eaux étaient réparties entre le roi, la ville et les communautés religieuses.
Le pont-aqueduc d’Arcueil-Cachan, classé monument historique, surplombe la Bièvre et le cimetière de Cachan. Construit sur les vestiges de l’aqueduc romain, il fut aussi utilisé comme support pour l’aqueduc de la Vanne (1860). Les regards, édicules de surface, permettent l’accès à la galerie et l’oxygénation de l’eau. Certains, comme le regard Louis XIII à Rungis, sont protégés.
L’urbanisation (MARCHÉ de Rungis, aéroport d’Orly) a modifié les sources, mais l’aqueduc reste un vestige actif du patrimoine hydraulique français. Des associations, comme la Sauvegarde du Paris historique, œuvrent pour sa préservation, tandis que des objets et archives sont conservés au musée Carnavalet.