Frise chronologique
1609
Acquisition des terrains à Rungis
Acquisition des terrains à Rungis
1609 (≈ 1609)
Début des études sous Sully pour Henri IV.
17 juillet 1613
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
17 juillet 1613 (≈ 1613)
Regard de Rungis par Louis XIII.
19 mai 1623
Mise en service partielle
Mise en service partielle
19 mai 1623 (≈ 1623)
Eau jusqu’à la Maison du Fontainier.
1628
Alimentation complète de Paris
Alimentation complète de Paris
1628 (≈ 1628)
Fontaines publiques raccordées après 5 ans.
XIXe siècle
Modification du tracé parisien
Modification du tracé parisien
XIXe siècle (≈ 1865)
Eaux redirigées vers le Panthéon puis Montsouris.
1994
Classement des sous-sols de la Maison du Fontainier
Classement des sous-sols de la Maison du Fontainier
1994 (≈ 1994)
Patrimoine historique préservé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Marie de Médicis - Reine mère et régente |
Commanditaire pour alimenter le palais du Luxembourg. |
| Sully - Ministre d’Henri IV |
Initiateur des études préliminaires en 1609. |
| Jean Coingt - Entrepreneur |
Premier responsable des travaux (1613-1614). |
| Jean Gobelain - Gendre de Coingt |
Reprit le chantier après 1614. |
| Thomas Francine - Ingénieur |
Co-concepteur du pont-aqueduc d’Arcueil-Cachan. |
| Louis Métezeau - Architecte |
Co-auteur du pont-aqueduc avec Francine. |
Origine et histoire
L’aqueduc Médicis, aussi appelé aqueduc des eaux de Rungis, fut commandé par Marie de Médicis pour acheminer vers Paris les eaux captées à Rungis (Val-de-Marne). Mis en service en 1623, il reste opérationnel aujourd’hui et est géré par Eau de Paris. Son tracé souterrain, long de 10 420 mètres, traverse plusieurs communes dont L'Haÿ-les-Roses, avec un pont-aqueduc spectaculaire à Arcueil-Cachan, seul ouvrage visible en surface.
La construction débuta en 1613 sous la direction de Jean Coingt, puis de son gendre Jean Gobelain, après des études initiées par Sully sous Henri IV. L’aqueduc fut conçu pour alimenter le palais du Luxembourg et les fontaines parisiennes, avec un débit initial de 1 280 m3/jour. Son tracé suit partiellement celui d’un aqueduc gallo-romain, avec des regards (édicules d’accès) et des trappes de visite jalonnant son parcours.
Classé aux monuments historiques, l’aqueduc comprend une galerie souterraine en pierre, des regards classés (comme le regard Louis XIII à Rungis), et un pont-aqueduc de 379 mètres franchissant la Bièvre. Bien que ses sources d’origine (carré des eaux de Rungis) soient aujourd’hui taries, il est toujours alimenté par les eaux de la plaine de Paray. Son eau, autrefois réputée pure, n’est plus potable en raison de l’urbanisation.
Parmi ses éléments remarquables, le pont-aqueduc d’Arcueil-Cachan (classé MH) domine la vallée, tandis que la Maison du Fontainier (14e arr. de Paris) servait à répartir les eaux entre la Couronne, la Ville et les religieux. Des fontaines historiques, comme celle des Carmélites ou du Pot-de-Fer, témoignent de son rôle central dans l’approvisionnement parisien.
L’aqueduc fut modifié au XIXe siècle : sa partie parisienne fut déclassée, et ses eaux redirigées vers les réservoirs du Panthéon, puis vers le lac Montsouris. Malgré des adaptations (siphons sous les autoroutes A6 et A86), sa structure d’origine, en meulière et pierre de taille, reste majoritairement intacte. Des associations œuvrent aujourd’hui à sa préservation et à sa valorisation patrimoniale.