Frise chronologique
IIᵉ siècle (vers 110–138 ap. J.-C.)
Construction de l’aqueduc
Construction de l’aqueduc
IIᵉ siècle (vers 110–138 ap. J.-C.) (≈ 124)
Daté sous Trajan et Hadrien
1887
Découverte de la Pierre de Chagnon
Découverte de la Pierre de Chagnon
1887 (≈ 1887)
Édit d’Hadrien sur la protection
1908
Thèse de Germain de Montauzan
Thèse de Germain de Montauzan
1908 (≈ 1908)
Étude exhaustive de l’aqueduc
1962
Classement du siphon de Durèze
Classement du siphon de Durèze
1962 (≈ 1962)
Protection de la Cave du Curé
2018
Sélection au Loto du patrimoine
Sélection au Loto du patrimoine
2018 (≈ 2018)
Restauration et mise en valeur
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Partie souterraine, dite Cave du Curé (cad. A 266, 351, 393, 394) : classement par arrêté du 2 avril 1962
Personnages clés
| Hadrien - Empereur romain |
Auteur de l’édit de protection |
| Trajan - Empereur romain |
Règne durant la construction |
| Germain de Montauzan - Archéologue |
Auteur de la thèse de référence |
| Paul de Gasparin - Ingénieur du XIXe siècle |
Cartographie précise de l’aqueduc |
| Guillaume Marie Delorme - Antiquaire lyonnais |
Premières recherches au XVIIIe siècle |
Origine et histoire
L’aqueduc du Gier, long de 86 km, est l’un des quatre aqueducs antiques desservant Lugdunum (Lyon). Construit probablement sous les règnes de Trajan ou Hadrien (début IIe siècle), il puise ses eaux dans la rivière Gier, affluent du Rhône. Ses vestiges, dont des ponts-siphons et des arches, sont protégés depuis 1875. La datation précise a fait débat : des découvertes comme la Pierre de Chagnon (1887), portant un édit d’Hadrien, ou des coffrages en bois datés de 110 ap. J.-C. suggèrent une construction sous Trajan, achevée sous Hadrien.
L’aqueduc traverse 21 communes, utilisant des techniques variées : tranchées couvertes, tunnels (dont un de 825 m près de Mornant), ponts-canaux et siphons pour franchir les vallées. À Chagnon, le siphon de la Durèze est doublé d’un canal de 11,5 km, incluant un tunnel accessible appelé Cave du Curé. Le tracé, étudié dès le XVIe siècle par des érudits comme Guillaume Marie Delorme, a été cartographié précisément au XIXe siècle par Paul de Gasparin. La thèse de Germain de Montauzan (1908) reste une référence pour son exhaustivité.
Les fouilles récentes ont révélé des détails techniques, comme l’opus reticulatum (parement en losange) unique en France, ou l’usage de tuyaux de plomb dans les siphons. Des restaurations, comme celles des arches de Chaponost (2009–2010), ont permis de préserver des sections menacées. L’aqueduc, classé Monument historique par sections (1875 à 1986), illustre l’ingénierie romaine et son adaptation au relief. Son débit estimé à 15 000 m3/jour en faisait une infrastructure vitale pour Lyon antique.
Deux bornes de protection, la Pierre de Chagnon (1887) et la Pierre du Rieu (1996), attestent d’une réglementation stricte : interdiction de labourer ou construire à proximité pour préserver l’ouvrage. Ces inscriptions, similaires à celles de l’aqueduc de Venafro (Italie), reprennent une loi augustéenne (11–9 av. J.-C.). Malgré des désaffectations progressives, l’aqueduc reste un témoignage majeur du patrimoine hydraulique romain, étudié et mis en valeur jusqu’à aujourd’hui, comme en témoigne son inclusion au Loto du patrimoine (2018).