Origine et histoire de l'Arc de Diane
L'arc de Diane est le principal vestige des thermes romains de Divona Cadurcorum, cité gallo-romaine devenue Cahors (Lot, Occitanie). Contrairement à son nom, il ne s'agit ni d'un arc de triomphe ni d'un temple dédié à Diane, mais d'une structure interne aux thermes, construits sous le Haut-Empire romain. Ces thermes, situés au point le plus élevé de la ville antique (139 m d'altitude), occupaient une superficie estimée à 3 000 m2, bien que leur plan complet n'ait pu être reconstitué. Leur abandon, postérieur au IVe siècle, pourrait être lié à la rupture de l'aqueduc les alimentant, long de 16 km.
Les fouilles des années 1950, déclenchées par la construction d'une école sur l'emprise de l'ancien couvent des Clarisses, ont révélé des fondations et des murs des thermes. Ces vestiges, partiellement situés sous l'avenue Freycinet et le groupe scolaire Jean-Calvet, ont été classés monuments historiques en 1955. L'arc de Diane, seul vestige antique visible en élévation dans le Quercy, marque la séparation entre le frigidarium (salle froide) et une piscine, dans un complexe incluant aussi un tepidarium et un caldarium. Sa construction en opus mixtum (briques et moellons calcaires) date probablement de la fin du Ier ou du début du IIe siècle.
Les thermes, bâtis en grès, calcaire et briques, reflètent une seule phase majeure de construction, avec des remaniements ultérieurs. Leur désaffectation a entraîné le réemploi des matériaux : murs arasés, sols récupérés, et salles potentiellement transformées en habitats. Cinq fragments de mosaïque, dont un peut appartenir aux thermes, ainsi que des revêtements en marbre et calcaire de Prayssac, attestent de leur richesse décorative. L'arc, classé dès 1886, symbolise aujourd'hui l'héritage romain de Cahors.
La localisation des thermes, entre deux cardines (voies nord-sud) de la ville antique, dont le cardus maximus, souligne leur intégration urbaine. Leur alimentation en eau, via un aqueduc prenant sa source près de l'oppidum de Murcens, illustre l'ingénierie romaine. Les vestiges archéologiques, protégés depuis 1955, incluent aussi des mosaïques et des parties des salles thermales non recouvertes par les constructions modernes. La palestre, située au sud, complétait cet ensemble dédié aux bains publics.
L'histoire des thermes reste partiellement énigmatique : leur chronologie exacte et les raisons de leur abandon ne sont pas établies avec certitude. Les hypothèses suggèrent une désaffectation liée à des changements socio-économiques ou à la détérioration des infrastructures, comme l'aqueduc. Aujourd'hui, l'arc de Diane, propriété de la commune, est accessible depuis l'avenue Freycinet, offrant un rare témoignage architectural de la vie quotidienne dans le Quercy romain.