Origine et histoire de l'Arc de triomphe
L’arc de triomphe d’Orange, érigé entre 20 et 25 apr. J.-C., commémore les victoires de Germanicus, fils adoptif de Tibère, mort en 19. Une dédicace ajoutée en 26/27 suggère une « restitution » à Tibère, bien que son interprétation reste débattue. Le monument marquait l’entrée nord d’Arausio (Orange), sur la Via Agrippa, symbole de la puissance romaine en Gaule.
Au Moyen Âge, l’arc fut transformé en bastion défensif. Au XIXe siècle, l’architecte Auguste Caristie le restaura en supprimant les ajouts médiévaux et en reconstituant les parties manquantes sans extrapolation. Une gravure du XIXe siècle, aujourd’hui contestée, le montre comme lieu d’exécution pendant la Révolution française.
L’arc, classé Monument Historique dès 1840 et inscrit à l’UNESCO en 1981, a fait l’objet de restaurations récentes : drainage (2015–2017), nettoyage (2021), et réaménagement de son environnement. Son iconographie célèbre les victoires romaines, avec des bas-reliefs représentant des batailles terrestres et navales, des trophées d’armes, et des allégories de peuples vaincus comme les Gaulois et les Germains.
La dédicace originale, en lettres de bronze aujourd’hui disparues, mentionnait probablement Tibère et ses titres (pontife, consul, imperator). Une lecture du XIXe siècle, aujourd’hui obsolète, l’attribuait à Auguste et datait l’arc de -11. Les recherches actuelles privilégient une construction en l’honneur de Germanicus, avec une possible « restitution » symbolique à Tibère vers 26/27.
Architecturalement, l’arc se distingue par ses trois baies, son attique supérieur destiné à des statues (disparues), et ses frises narrant des combats entre Romains et Gaulois. Les panneaux maritimes, comme celui des dépouilles navales, évoquent la suprématie romaine après la bataille d’Actium. Des mortaises indiquent l’emplacement d’appliques de bronze, aujourd’hui perdues.
Propriété de la commune d’Orange, l’arc est un témoignage majeur de l’art romain provincial. Ses restaurations successives, de Caristie à nos jours, visent à préserver son intégrité tout en l’adaptant à son environnement urbain moderne, comme en témoigne son éclairage modulable installé en 2017.