Origine et histoire de l'Arc de triomphe de l'Étoile
L'Arc de Triomphe de l'Étoile, commandé par Napoléon Ier en 1806 après la victoire d'Austerlitz, devait initialement être érigé place de la Bastille. Le projet fut déplacé vers la place de l'Étoile (actuelle place Charles-de-Gaulle) pour des raisons budgétaires et urbanistiques. L'architecte Jean-François Chalgrin, inspiré par les arcs romains comme celui de Titus, conçut un monument tétrapyle de 49,54 mètres de haut, symbolisant la gloire militaire française. La première pierre fut posée le 15 août 1806, mais les travaux, ralentis par les guerres et les changements de régime, ne s'achevèrent qu'en 1836 sous Louis-Philippe.
La construction, marquée par des interruptions sous la Restauration, fut reprise en 1823 par Louis XVIII puis finalisée par Louis-Philippe, qui y ajouta une dimension réconciliatrice en honorant les armées de 1792 à 1815. Les sculpteurs François Rude (avec La Marseillaise) et Jean-Pierre Cortot (Le Triomphe de Napoléon) contribuèrent à son décor allégorique. Inauguré discrètement en 1836 en raison d'un attentat contre le roi, l'Arc devint un lieu de mémoire nationale, accueillant la tombe du Soldat inconnu en 1921 et la flamme du souvenir, ravivée quotidiennement depuis 1923.
Le monument, classé en 1896, est un repère urbanistique majeur, situé à la convergence de douze avenues percées sous Haussmann. Il a été le théâtre d'événements historiques, comme le défilé des troupes nazies en 1940 ou la libération de Paris en 1944, et de restaurations majeures (années 1980 et 2003-2005) pour stabiliser ses fondations, menacées par des tassements différentiels. Ses sculptures, dont les bas-reliefs célébrant les batailles napoléoniennes, et ses 30 boucliers gravés des noms de victoires, en font un panthéon militaire à ciel ouvert.
L'Arc a aussi inspiré des exploits audacieux, comme le passage en avion de Charles Godefroy en 1919, ou des œuvres éphémères, telle son emballage par Christo en 2021. Symbole de résistance (manifestations de 1940) et de liesse populaire (victoires sportives), il incarne aujourd’hui à la fois l’héritage impérial et la mémoire des conflits modernes. Sa scénographie intérieure, rénovée en 2008, met en valeur son histoire à travers des installations multimédias.
Les désordres structurels, causés par l’érosion des mortiers de fondation, ont nécessité des injections de coulis (années 1980) et la pose de tirants précontraints pour stabiliser l’édifice. Les travaux, dirigés par l’architecte Michel Marot, ont révélé un mouvement hélicoïdal de l’Arc, corrigé par des techniques modernes. Ces interventions ont préservé ce monument, qui pèse 100 000 tonnes (fondations incluses) et reste un point de repère culturel, comme en témoignent ses nombreuses représentations philatéliques depuis 1929.
Enfin, l’Arc de Triomphe est indissociable de rituels commémoratifs, comme le ravivage quotidien de la flamme ou les cérémonies du 11 Novembre. Son iconographie, mêlant allégories romantiques (Le Génie de la Guerre de Rude) et références antiques, reflète les ambitions politiques de ses commanditaires, de Napoléon à Louis-Philippe. Aujourd’hui géré par le Centre des monuments nationaux, il attire des millions de visiteurs annuels, attirés par son panorama sur Paris et son rôle dans l’histoire française.