Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Arc de triomphe du Carrousel à Paris

Patrimoine classé Arc de triomphe

Arc de triomphe du Carrousel à Paris

    Place du Carrousel
    75001 Paris

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1700
1800
1900
2000
5-6 juin 1662
Grand Carrousel de Louis XIV
1798
Pillage des chevaux de Saint-Marc
15 août 1808
Inauguration de l’arc
1815
Restitution des chevaux à Venise
1828
Nouveau quadrige sculpté
10 septembre 1888
Classement monument historique
2022-2024
Restauration des sculptures
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Napoléon Ier - Empereur des Français Commanditaire de l’arc en 1806
Charles Percier - Architecte Co-concepteur avec Pierre Fontaine
Pierre Fontaine - Architecte Co-auteur des plans néoclassiques
Vivant Denon - Directeur du musée Napoléon Choix des bas-reliefs historiques
François Frédéric Lemot - Sculpteur Auteur des renommées (Paix, Victoire)
François Joseph Bosio - Sculpteur Copie du quadrige en 1828
Louis XIV - Roi de France Organisateur du Carrousel de 1662

Origine et histoire

L’arc de triomphe du Carrousel, situé place du Carrousel dans le 1er arrondissement de Paris, fut inauguré le 15 août 1808 sous Napoléon Ier. Commandé pour célébrer les victoires militaires de 1805, notamment la capitulation d’Ulm, il s’inspire directement de l’arc de Constantin à Rome, reproduit à échelle réduite (3/4). Dessiné par les architectes Charles Percier et Pierre Fontaine, il servait d’entrée monumentale au palais des Tuileries, aujourd’hui disparu. Ses bas-reliefs originaux, illustrant des batailles comme Austerlitz ou Tilsit, furent remplacés en 1823 par des œuvres commémorant l’expédition d’Espagne, avant d’être restaurés.

Le monument est surmonté d’un quadrige initialement composé des chevaux de Saint-Marc, pillés à Venise en 1798 lors de la campagne d’Italie. Ces chevaux, rendus en 1815 après la chute de Napoléon, furent remplacés en 1828 par une copie sculptée par François Joseph Bosio. L’attique porte des statues de soldats impériaux en marbre, tandis que les faces latérales représentent des allégories de fleuves. Classé monument historique en 1888, l’arc a subi des restaurations majeures, notamment entre 1931-1933 et 2022-2024, pour préserver ses sculptures et ses marbres.

L’arc devait initialement porter une statue de Napoléon en aurige, retirée sur ordre de l’empereur lui-même en 1808. Après 1815, une allégorie de la Restauration y fut placée, symbolisant le retour de la monarchie. Les huit statues de soldats autour de l’attique, représentant des unités emblématiques (cuirassiers, grenadiers, etc.), furent consolidées en 2024 grâce à une campagne de mécénat. Le monument, lié au Louvre et aux Tuileries, incarne à la fois le faste impérial et les bouleversements politiques du XIXe siècle.

La place du Carrousel tire son nom d’un spectacle équestre organisé par Louis XIV en 1662 pour célébrer la naissance du dauphin. L’arc, conçu comme une porte triomphale, marquait l’axe royal entre le palais et la ville. Ses décors, incluant trophées d’armes et frises d’enfants, mêlent symboles militaires et allégories pacifiques. Aujourd’hui, il constitue un vestige majeur de l’urbanisme napoléonien, entre le jardin du Carrousel et la cour du Louvre.

Parmi les anecdotes, le projet avorté en 1839 de transplanter l’arc de Caracalla (Algérie) à Paris illustre l’engouement du XIXe siècle pour les monuments antiques. Le sergent Mariolle, statufié sur l’attique, aurait inspiré l’expression populaire « faire le mariolle », bien que cette étymologie soit contestée. Le quadrige actuel, copie des chevaux vénitiens, domine toujours le monument, entouré des renommées la Paix et la Victoire, œuvres de Lemot.

Liens externes