Frise chronologique
XVe siècle
Début des exploitations
Début des exploitations
XVe siècle (≈ 1550)
Premières carrières à ciel ouvert
1797
Arrivée de familles spécialisées
Arrivée de familles spécialisées
1797 (≈ 1797)
Chesneaux, Gasnier, Bellanger s’installent
1832-1885
Âge d’or de la production
Âge d’or de la production
1832-1885 (≈ 1859)
5 à 7 millions d’ardoises annuelles
23 octobre 1899
Incendie du puits n°1
Incendie du puits n°1
23 octobre 1899 (≈ 1899)
Quatre morts, destruction totale
1922
Construction du puits n°3
Construction du puits n°3
1922 (≈ 1922)
Chevalement en bois unique
1997
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1997 (≈ 1997)
Fin de l’extraction locale
2014
Reconstruction du chevalement
Reconstruction du chevalement
2014 (≈ 2014)
Puits n°3 restauré à l’identique
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Julien Fouillée - Régisseur de la Fiogée |
Père du philosophe Alfred |
| Pierre Louis Perron-Gelineau - Historien local |
Auteur de *Candé ancien et moderne* |
| Étienne Lorin - Ouvrier-carrier |
Propriétaire partiel de l’Espérance |
| Furcy Soulez-Larivière - Dirigeant des Ardoisières |
Reçoit le conseil général en 1952 |
| Stani Nitkowski - Peintre |
Fils de mineur polonais |
| Alfred Fouillée - Philosophe |
Né à La Pouëze en 1838 |
Origine et histoire
Les ardoisières de La Pouëze, situées dans le Massif armoricain à proximité d’Angers, exploitent un gisement de schiste ardoisier aligné avec celui de Trélazé. Dès le XVe siècle, des exploitations à ciel ouvert existent à l’ouest de la commune, comme à La Pinardière et La Bichetière. L’activité s’intensifie au XIXe siècle avec l’arrivée de familles spécialisées, comme les Chesneaux, Gasnier et Bellanger, venues de Saint-Quentin-les-Anges en 1797 après la fermeture d’une ardoisière à Chatelais.
Entre 1800 et 1830, une dizaine d’ouvriers travaillent pour des « petits maîtres ». La production s’industrialise : en 1832, la carrière de la Fiogée emploie 90 ouvriers et produit 3 à 4 millions d’ardoises annuelles. En 1858, des recherches expliquent le tarissement de l’Erdre, lié aux rejets d’eau des carrières. L’apogée survient entre 1832 et 1885, avec une production de 5 à 7 millions d’ardoises par an, grâce à des sites comme le Clos-Colas, l’Espérance ou la Carterie.
Le puits n°1 (La Carterie), creusé vers 1870, est détruit en 1899 par un incendie causant quatre morts. Le puits n°3, construit en 1922 avec un chevalement en bois unique en Europe, devient emblématique. Classé monument historique en 1999, il s’effondre en 2011 avant d’être reconstruit à l’identique en 2014. L’activité décline après 1989, suite à un éboulement condamnant la Carterie, et cesse définitivement en 1997.
Les ardoisières ont profondément marqué la vie locale : afflux de Bretons au XIXe siècle, syndicalisation en 1913, et accidents fréquents (éboulements, chutes, incendies). En 1952, le site produit 4 % de l’ardoise nationale. Les vestiges incluent cités ouvrières (Fiogée, Pouëzettes), le chevalement du puits n°3, et des bureaux administratifs.
L’exploitation souterraine remplace progressivement les carrières à ciel ouvert, avec des techniques comme le « puits-bouteille » ou l’extraction « en remontant ». La Commission des Ardoisières d’Angers contrôle le site à partir de 1891. Malgré des innovations (descenderie en 1980), la concurrence de Trélazé et les aléas géologiques scellent la fin de l’activité.
La mémoire des ardoisières perdure à travers des œuvres culturelles, comme les tableaux de Stani Nitkowski, fils d’un mineur polonais, ou les écrits du philosophe Alfred Fouillée, né à La Pouëze en 1838, dont le père était régisseur de la carrière de la Fiogée.