Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Ardoisières de La Pouëze en Maine-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine industriel Mine Carrière

Ardoisières de La Pouëze

    Route de Brain
    49370 La Pouëze

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XVe siècle
Début des exploitations
1797
Arrivée de familles spécialisées
1832-1885
Âge d’or de la production
23 octobre 1899
Incendie du puits n°1
1922
Construction du puits n°3
1997
Fermeture définitive
2014
Reconstruction du chevalement
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Julien Fouillée - Régisseur de la Fiogée Père du philosophe Alfred
Pierre Louis Perron-Gelineau - Historien local Auteur de *Candé ancien et moderne*
Étienne Lorin - Ouvrier-carrier Propriétaire partiel de l’Espérance
Furcy Soulez-Larivière - Dirigeant des Ardoisières Reçoit le conseil général en 1952
Stani Nitkowski - Peintre Fils de mineur polonais
Alfred Fouillée - Philosophe Né à La Pouëze en 1838

Origine et histoire

Les ardoisières de La Pouëze, situées dans le Massif armoricain à proximité d’Angers, exploitent un gisement de schiste ardoisier aligné avec celui de Trélazé. Dès le XVe siècle, des exploitations à ciel ouvert existent à l’ouest de la commune, comme à La Pinardière et La Bichetière. L’activité s’intensifie au XIXe siècle avec l’arrivée de familles spécialisées, comme les Chesneaux, Gasnier et Bellanger, venues de Saint-Quentin-les-Anges en 1797 après la fermeture d’une ardoisière à Chatelais.

Entre 1800 et 1830, une dizaine d’ouvriers travaillent pour des « petits maîtres ». La production s’industrialise : en 1832, la carrière de la Fiogée emploie 90 ouvriers et produit 3 à 4 millions d’ardoises annuelles. En 1858, des recherches expliquent le tarissement de l’Erdre, lié aux rejets d’eau des carrières. L’apogée survient entre 1832 et 1885, avec une production de 5 à 7 millions d’ardoises par an, grâce à des sites comme le Clos-Colas, l’Espérance ou la Carterie.

Le puits n°1 (La Carterie), creusé vers 1870, est détruit en 1899 par un incendie causant quatre morts. Le puits n°3, construit en 1922 avec un chevalement en bois unique en Europe, devient emblématique. Classé monument historique en 1999, il s’effondre en 2011 avant d’être reconstruit à l’identique en 2014. L’activité décline après 1989, suite à un éboulement condamnant la Carterie, et cesse définitivement en 1997.

Les ardoisières ont profondément marqué la vie locale : afflux de Bretons au XIXe siècle, syndicalisation en 1913, et accidents fréquents (éboulements, chutes, incendies). En 1952, le site produit 4 % de l’ardoise nationale. Les vestiges incluent cités ouvrières (Fiogée, Pouëzettes), le chevalement du puits n°3, et des bureaux administratifs.

L’exploitation souterraine remplace progressivement les carrières à ciel ouvert, avec des techniques comme le « puits-bouteille » ou l’extraction « en remontant ». La Commission des Ardoisières d’Angers contrôle le site à partir de 1891. Malgré des innovations (descenderie en 1980), la concurrence de Trélazé et les aléas géologiques scellent la fin de l’activité.

La mémoire des ardoisières perdure à travers des œuvres culturelles, comme les tableaux de Stani Nitkowski, fils d’un mineur polonais, ou les écrits du philosophe Alfred Fouillée, né à La Pouëze en 1838, dont le père était régisseur de la carrière de la Fiogée.

Liens externes