Ardoisières en Maine-et-Loire

Ardoisières

  • 49220 Erdre-en-Anjou
Ardoisières
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Ardoisières
Crédit photo : Poussin jean sur Wikipédia français (Texte origin - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XVe siècle
Début des exploitations
1797
Arrivée des familles
1830-1865
Expansion industrielle
1899
Incendie meurtrier
1920
Reconnaissance officielle
1999
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chevalement en bois du puits n° 3 (cad. B 1781) : inscription par arrêté du 16 mars 1999

Personnages clés

Alfred Fouillée Philosophe dont le père fut régisseur à la Fiogée.
Stani Nitkowski Peintre dont certaines œuvres évoquent la mine.

Origine et histoire

Les ardoisières de La Pouëze exploitent des schistes ardoisiers dans le Massif armoricain et s’inscrivent dans la bande Angers–Trélazé–Avrillé–Candé, qui se prolonge en Loire‑Atlantique. Dès le XVe siècle, de petites exploitations à ciel ouvert existaient à l’ouest de la commune, notamment à La Pinardière et à La Bichetière. Au XIXe siècle, l’exploitation se développe d’abord à ciel ouvert sur les gisements de La Pouëze puis devient souterraine, avec des chevalements comparables à ceux des houillères. En 1797, trois familles — les Chesneaux, les Gasnier et les Bellanger — vinrent de Saint‑Quentin‑les‑Anges pour poursuivre ce métier à La Pouëze. Jusqu’en 1830, les carrières restèrent modestes, avec une dizaine d’ouvriers ; entre 1830 et 1865 elles prennent un essor important, la population communale passant de 888 habitants en 1831 à 1 761 en 1866. Plusieurs fonds furent exploités : la Fiogée (la « grande carrière »), l’Espérance (la « petite carrière »), le Clos‑Colas, la Carterie et la Limanderie. La Fiogée, exploitée successivement par les époux Guillot puis par Goupil et Cie, utilisa une machine à vapeur de 30 chevaux, employa jusqu’à deux cents ouvriers et produisit plusieurs millions d’ardoises avant une faillite en 1855 ; l’affaire fut reprise, restructurée et finalement adjugée en 1873. L’Espérance produisit elle aussi des millions d’ardoises au début des années 1860 et fut rachetée en 1865 par M. Larivière ; le Clos‑Colas s’ouvrit en 1862, connut des fermetures et reprises, et fut arrêté à 23 mètres en 1902. La Carterie, exploitée au moins depuis 1828 et appartenant alors à Amys du Ponceau, fut acquise par Larivière et Cie en 1873 et travaillée à ciel ouvert avec des profondeurs moyennes d’environ 60 mètres. En 1891, la fusion des intérêts place l’ensemble du gisement de La Pouëze sous la maîtrise de Larivière et Cie. La production locale a varié selon les périodes : entre 1832 et 1885 on estime 5 à 7 millions d’ardoises fabriquées par une centaine d’hommes ; en 1894 la production annuelle était d’environ 3 millions pour 110 ouvriers, et au XXe siècle La Pouëze fournissait une part limitée de la production nationale de qualité. Le site a connu des mobilisations sociales et syndicales, notamment la formation d’un syndicat en 1913, des campagnes de propagande dans les années 1930 et des mouvements de grève jusque dans les années 1980. Les exploitations furent reconnues par l’administration : un arrêté de 1920 assimila les ardoisières à des exploitations minières. De nombreux accidents et sinistres jalonnent l’histoire industrielle : incendies, éboulements, chutes et pertes humaines ont marqué la fin du XIXe et le début du XXe siècle, dont un incendie d’octobre 1899 qui causa la mort de quatre personnes. Les galeries et fosses s’organisèrent autour de plusieurs puits : le puits n°1 (Carterie), foré vers 1870 et profond d’environ 101 mètres, fut détruit par l’incendie de 1899 ; le puits n°2, construit ensuite et profond d’environ 200 mètres, s’éboula en 1922. Le puits n°3 (L’Espérance), creusé en 1922, atteignit des profondeurs importantes et fut travaillé par niveaux ; son chevalement en bois, construit en 1922, pouvait remonter des blocs de quatre à cinq tonnes. Inscrit au titre des monuments historiques en 1999, ce chevalement s’est effondré en février 2011 en raison de sa vétusté, puis a été reconstruit à l’identique en 2014 et inauguré en septembre 2016. Le puits n°3 bis (Carterie), conçu en 1941 comme puits de secours, fut approfondi après 1968 jusqu’à environ 450 mètres et doté d’un chevalement en fer détruit dans les années 1990 ; d’autres ouvrages servaient de puits d’aération, de secours ou de recherche. Un prolongement du site par une « descenderie » creusée dans les années 1980 pour relier le Chemin Neuf à la Carterie fut interrompu par un effondrement en 1989, condamnant cette partie du site. Après des tentatives d’adaptation, la fabrication des ardoises se poursuivit quelques années dans un atelier équipé de machines automatiques, avec des pierres apportées de Trélazé et de Noyant la Gravoyère/Misengrain ; l’activité s’est définitivement arrêtée à la fin des années 1990. Les vestiges de cette activité comprennent d’anciens bureaux et ateliers, des cités ouvrières (la Fiogée, les Pouëzettes), les emplacements des puits, la machinerie du puits 3 bis, la base d’un ancien pont‑rail et la carrière à ciel ouvert du Trou‑Colas. La mémoire locale associe ce patrimoine à des personnalités nées à La Pouëze, comme le philosophe Alfred Fouillée — dont le père fut régisseur à la Fiogée — et le peintre Stani Nitkowski, dont certaines œuvres évoquent la mine. Les archives municipales et départementales, les fonds des sociétés ardoisières, ainsi que des publications et témoignages d’anciens mineurs constituent les principales sources de l’histoire des ardoisières.

Liens externes