Origine et histoire des Arènes de Nimes
Les arènes de Nîmes sont un amphithéâtre romain construit vers la fin du Ier siècle (vers 90 apr. J.-C.) dans la colonie de Nemausus, actuelle Nîmes. Destiné aux divertissements publics comme les combats de gladiateurs, il pouvait accueillir 24 000 spectateurs. Son architecture elliptique (133 m de long, 101 m de large) et sa façade à deux niveaux d’arcades en font un modèle d’ingénierie romaine, inspiré du Colisée mais adapté aux ressources locales.
Au Moyen Âge, l’édifice se transforma en village fortifié (le castrum arenae), abritant 220 maisons, deux églises et un château. Les gradins servirent de carrière de pierres, tandis que les arcades furent bouchées pour en faire une forteresse. Ce n’est qu’au XIXe siècle, sous l’impulsion de François Ier puis de Napoléon III, que les habitations furent détruites et le monument restauré, notamment par l’architecte Henri Révoil (1863).
Aujourd’hui, les arènes allient patrimoine et modernité : elles accueillent corridas, concerts (Festival de Nîmes), et reconstitutions historiques comme les Journées Romaines. Classées Monument Historique dès 1840, elles abritent aussi des vestiges uniques, comme la salle cruciforme sous la piste, découverte en 1865, ou des décors antiques (louve allaitant Romulus et Rémus, bustes de taureaux).
Le site, géré par Edeis depuis 2021, propose des visites accessibles (audioguides, maquettes tactiles) et des aménagements pour les personnes en situation de handicap. Malgré des restaurations continues (jusqu’en 2034), certaines parties, comme l’attique ou les vomitoria, conservent leur authenticité romaine. L’amphithéâtre reste un symbole de la romanité en Occitanie, rivalisant avec celui d’Arles.
Architecturalement, l’édifice se distingue par son système de circulation interne quasi intact, ses 60 arcades par niveau, et son velum (toile tendue sur 120 mâts pour protéger les spectateurs). Les fouilles récentes (Inrap, 2017) ont révélé des inscriptions attribuant sa construction à Titus Crispius Reburrus. La biodiversité y est aussi remarquable, avec la clausilie romaine, un gastéropode introduit d’Italie lors de sa construction.
Culturellement, les arènes ont accueilli des légendes (Miles Davis, Tina Turner, Rammstein) et des événements télévisés (La Chanson de l’année, Téléthon). Leur capacité actuelle (13 000 places) en fait un lieu majeur pour les ferias (Pentecôte, Vendanges) et les sports (Coupe Davis, escrime). Depuis 2013, les visites individuelles y sont interdites pour des raisons de sécurité, après plusieurs suicides.