Origine et histoire des Arènes de Senlis
Les arènes de Senlis, construites au Ier siècle ap. J.-C., sont un petit édifice de spectacle gallo-romain de forme ellipsoïdale, semi-creusé dans la roche calcaire. Situées à l’extérieur du centre-ville ancien de Senlis (Oise), elles furent redécouvertes en 1865 par Félix Vernois, membre du Comité archéologique local. Acquises et déblayées par la Société d’histoire et d’archéologie de Senlis, elles appartiennent toujours à cette association. Leur capacité, estimée à environ 10 000 places, en faisait un lieu majeur pour des spectacles variés : combats d’animaux, danses, ou théâtre. Les chapelles nord et sud servaient de lieux de culte aux divinités romaines et locales.
L’abandon des arènes vers le VIe siècle coïncide avec la christianisation de la région, marquée par la figure de Rieul de Senlis, premier évêque mort en 260. Oubliées pendant des siècles, elles furent utilisées comme carrière de pierres, dépotoir, voire plateforme militaire lors des guerres de la Ligue en 1589. Leur redécouverte en 1865 fut suivie de fouilles dirigées par Jules Puissant, révélant des vestiges comme le sacellum sud et des monnaies antiques. Classées monument historique en 1875, elles furent partiellement restaurées, notamment entre 1978 et 2002.
Les arènes, de dimensions modestes (axes de 41,5 m et 34,45 m pour l’arène centrale), présentent une structure typique : un podium entourant le terre-plein, des vomitoires pour l’accès du public, et des carceres pour les animaux. La partie nord, bien que semblant intacte, a été lourdement restaurée sous la Troisième République. Les gradins, partiellement conservés, suggèrent une capacité allant jusqu’à 11 250 spectateurs, bien que ce chiffre soit contesté. Aujourd’hui, le site est protégé et accessible lors d’événements comme les Journées du Patrimoine.
La gestion des arènes a connu des hauts et des bas. Après leur acquisition en 1866, le Comité archéologique, devenu la Société d’histoire et d’archéologie de Senlis, en assura l’entretien jusqu’au XXe siècle. La Première Guerre mondiale et la Grande Dépression affaiblirent cependant l’association, conduisant au transfert de ses collections à la ville en 1945. Dans les années 1960, un effondrement partiel du sacellum sud entraîna l’arrêt des locations pour des événements. Depuis, les arènes sont entretenues par la ville et la Société, avec des visites guidées organisées le premier dimanche de chaque mois.
Les études archéologiques, comme celle de Jean-Pierre Adam (1973), ont permis de mieux comprendre l’histoire du monument. Les fouilles de 1977 révélèrent que certaines restaurations du XIXe siècle avaient été prises à tort pour des remaniements antiques. Aujourd’hui, les arènes restent un témoignage rare de l’urbanisme romain en Gaule, malgré les limites imposées par leur état de conservation. Leur protection et leur valorisation continuent de reposer sur l’engagement associatif et municipal.