Frise chronologique
Vers 50 av. J.-C.
Conquête romaine
Conquête romaine
Vers 50 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Intégration des Bituriges Cubes à l’Empire
1566
Première description
Première description
1566 (≈ 1566)
Par Jean Chaumeau des vestiges visibles
1820
Début des fouilles
Début des fouilles
1820 (≈ 1820)
À l’initiative du préfet de l’Indre
13 juillet 1976
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
13 juillet 1976 (≈ 1976)
Protection des vestiges gallo-romains
1990
Ouverture du musée
Ouverture du musée
1990 (≈ 1990)
Exposition des artefacts découverts
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges gallo-romains (cad. C 556) : classement par arrêté du 13 juillet 1976
Personnages clés
| Jean Chaumeau - Chroniqueur |
A décrit les vestiges en 1566 |
| Jean-Marie Pailler - Historien |
Théories sur les *Argentomagus* gaulois |
| Françoise Dumasy - Archéologue |
Fouilles programmée 1989-1994 |
Origine et histoire
Argentomagus, situé sur le plateau des Mersans à Saint-Marcel (Indre, région Centre-Val de Loire), était à l’origine un oppidum du peuple gaulois des Bituriges Cubes. Son nom, dérivé du gaulois Argantomagos (« marché de l’argent »), reflète son rôle économique clé, lié aux échanges monétaires et métalliques. La position stratégique du site, entre la Creuse et des axes routiers majeurs, en fit un carrefour commercial et un point de contrôle pour les Romains après la conquête vers 50 av. J.-C. Le site atteint son apogée aux IIe et IIIe siècles, période durant laquelle furent construits des édifices publics monumentaux.
Les vestiges attestent de cette prospérité : un théâtre pouvant accueillir 6 000 à 7 000 spectateurs, des thermes, un pont romain, des temples, et une fontaine monumentale. Une nécropole et des habitats, comme la maison de Quintus, complètent le tableau d’une agglomération organisée. Les fouilles, initiées en 1820 après une première description en 1566 par Jean Chaumeau, ont révélé des objets du quotidien (statuettes, poteries, monnaies) exposés depuis 1990 au musée archéologique local. L’inscription gallo-latine « VERGOBRETOS READDAS » sur une olla illustre les pratiques religieuses et politiques des Bituriges.
Le site fut classé Monument Historique en 1976 pour ses vestiges gallo-romains, puis inscrit en 1990. Les recherches archéologiques, notamment celles menées par Françoise Dumasy entre 1989 et 1994, ont permis de reconstituer l’évolution urbaine d’Argentomagus. Le lien entre ce site et d’autres Argentomagus en Gaule (comme en Orne ou en Sarthe) suggère un réseau de places marchandes associées à l’exploitation minière, notamment de l’étain et de l’or, comme le propose l’historien Jean-Marie Pailler.
La topographie du site, en rive droite de la Creuse et à proximité d’Argenton-sur-Creuse, explique son importance logistique. L’oppidum, entouré de remparts, dominait une plaine propice aux échanges, tandis que la présence de sanctuaires (comme celui dédié à Mars Mullo dans des sites symétriques) souligne son intégration dans un système religieux et économique gaulois puis gallo-romain. Les découvertes archéologiques continuent d’éclairer le rôle d’Argentomagus comme centre politique, religieux et commercial entre le monde celtique et l’Empire romain.
Le musée archéologique de Saint-Marcel, ouvert en 1990, conserve et expose les artefacts issus des fouilles, dont des jouets, des décors muraux et des monnaies. Ces objets, comme la fameuse olla, témoignent de la vie quotidienne, des croyances (culte aux dieux romains et gaulois) et des échanges culturels. Les expositions temporaires, telle « Dieux merci ! Dévots et offrandes en Gaule romaine », mettent en valeur ce patrimoine unique, classé et protégé pour sa valeur historique et scientifique.