Frise chronologique
1863
Arrivée à Rouen
Arrivée à Rouen
1863 (≈ 1863)
Marrou s’installe à Rouen sur invitation.
1878
Médaille d'or régionale
Médaille d'or régionale
1878 (≈ 1878)
Récompensé par la Société d'émulation de Seine-Inférieure.
1885
Légion d'honneur
Légion d'honneur
1885 (≈ 1885)
Nommé chevalier pour son œuvre.
1889
Médaille d'or universelle
Médaille d'or universelle
1889 (≈ 1889)
Exposition universelle de Paris, puits en fer forgé.
1902
Construction de l'atelier
Construction de l'atelier
1902 (≈ 1902)
70 rue Saint-Romain, décor ferronné.
1917
Décès de Marrou
Décès de Marrou
1917 (≈ 1917)
Fin de l’activité de l’atelier.
1975
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1975 (≈ 1975)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 15 janvier 1975
Personnages clés
| Ferdinand Marrou - Ferronnier d'art et propriétaire |
Créateur de l’atelier et de ses décors. |
| Eugène Barthélémy - Architecte collaborateur |
Conçut plusieurs projets avec Marrou. |
| Louis Sauvageot - Architecte collaborateur |
Dirigea des restaurations avec Marrou. |
| Émile Janet - Architecte de la maison Marrou |
Dessina les plans de sa demeure. |
Origine et histoire
L’atelier de Ferdinand Marrou, situé 70 rue Saint-Romain à Rouen, fut construit vers 1902. Ce bâtiment, aujourd’hui classé Monument Historique (inscrit en 1975), se distingue par sa façade richement décorée de ferronneries, conçues et réalisées par Marrou lui-même. Il illustre l’apogée de sa carrière, marquée par une reconnaissance nationale et internationale pour ses créations en fer forgé, cuivre et plomb, alliant techniques traditionnelles et styles éclectiques, du néo-gothique à l’Art nouveau.
Ferdinand Marrou (1836–1917), originaire des Hautes-Alpes, s’installa à Rouen en 1863 après une formation à Lyon et Paris. Son atelier devint un acteur majeur de la restauration du patrimoine rouennais, notamment pour la cathédrale Notre-Dame, le Gros-Horloge ou l’église Saint-Romain. Ses réalisations, souvent monumentales (comme les clochetons de 25 mètres de la cathédrale), lui valurent des médailles d’or aux Expositions universelles de 1889 et 1900, ainsi que la Légion d’honneur en 1885.
L’atelier de la rue Saint-Romain, conçu comme une vitrine de son talent, complétait sa demeure personnelle de la rue Verte (1890), également ornée de ses créations. Après sa mort en 1917, son héritage artistique perdura à travers ses œuvres encore visibles dans Rouen et en Normandie, tandis que son atelier, préservé, témoigne de l’âge d’or de la ferronnerie d’art française.
Marrou collabora avec les architectes les plus en vue de la région, tels Eugène Barthélémy ou Louis Sauvageot, pour des projets alliant fonctionnalité et esthétique. Ses catalogues proposaient des modèles variés, des épis de faîtage aux grilles de balcons, reflétant son éclectisme stylistique. Son influence s’étendit au-delà de Rouen, avec des commandes pour des châteaux, églises et palais en Seine-Maritime, comme le Palais Bénédictine à Fécamp.
Classé pour ses façades et toitures, l’atelier de la rue Saint-Romain incarne à la fois le génie créatif de Marrou et le dynamisme artistique de Rouen à la Belle Époque. Son décor, mêlant motifs néo-Renaissance et inspirations végétales, reste un exemple remarquable du patrimoine industriel et artisanal normand.