Frise chronologique
1854
Projet initial de l'atelier
Projet initial de l'atelier
1854 (≈ 1854)
Courbet envisage l'achat d'un terrain à Ornans.
6 mars 1860
Achat de la fonderie Bastide
Achat de la fonderie Bastide
6 mars 1860 (≈ 1860)
Transformation en atelier et lieu de réception.
1871
Pillage par les Prussiens
Pillage par les Prussiens
1871 (≈ 1871)
Destruction partielle de l'atelier et des collections.
1903
Création du « petit musée »
Création du « petit musée »
1903 (≈ 1903)
Juliette Courbet transforme l'atelier en espace d'exposition.
24 juillet 2008
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
24 juillet 2008 (≈ 2008)
Protection officielle du bâtiment.
février 2022
Réouverture au public
Réouverture au public
février 2022 (≈ 2022)
Intégration au Pôle Courbet après restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'atelier en totalité (cad. AT 28) : inscription par arrêté du 24 juillet 2008
Personnages clés
| Gustave Courbet - Peintre et propriétaire |
Créa et utilisa l'atelier comme espace de travail. |
| Léon Isabey - Architecte |
Conçut les plans initiaux abandonnés de l'atelier. |
| Juliette Courbet - Sœur du peintre |
Transforma l'atelier en musée en 1903. |
| Alfred Bruyas - Mécène |
Finança partiellement l'achat du terrain en 1854. |
| Urbain Cuenot - Ami et paysagiste |
Planta les arbres du parc autour de l'atelier. |
| Pierre-Joseph Proudhon - Ami et invité |
Fréquenta l'atelier lors de séjours à Ornans. |
Origine et histoire
L’atelier de Gustave Courbet à Ornans fut construit à la fin des années 1850 pour répondre aux besoins du peintre, qui souhaitait un espace de travail en harmonie avec la nature de sa région natale. Initialement prévu comme un projet ambitieux avec l’architecte Léon Isabey, Courbet opta finalement pour l’achat et l’aménagement d’une fonderie existante en 1860, la transformant en un atelier fonctionnel et un lieu de réception pour ses proches, dont Proudhon et Champfleury. Le site, entouré d’un parc paysager conçu par Courbet lui-même, devint un espace de création majeur, où furent réalisées des œuvres comme L’Hallali du cerf (1867) et Le Rut du printemps (1861).
En 1871, l’atelier fut pillé et saccagé par les troupes prussiennes pendant leur occupation d’Ornans, entraînant la perte d’œuvres, d’objets personnels et de collections du peintre. Courbet, contraint à l’exil en Suisse en 1873 pour son rôle dans la Commune de Paris, ne revint jamais dans son atelier. Après sa mort en 1877, sa sœur Juliette Courbet transforma l’espace en un « petit musée » en 1903, exposant des toiles et souvenirs familiaux, avant que le site ne tombe dans l’oubli au XXe siècle, utilisé comme entrepôt puis restauré en 2021 pour intégrer le Pôle Courbet.
L’atelier conserve aujourd’hui des éléments originaux comme les peintures murales du plafond, représentant La Seine près de Bougival et L’Escaut se jetant dans la mer, attribuées à Courbet. Ces décors, partiellement restaurés, témoignent de l’ambition artistique du lieu. Le bâtiment, inscrit aux Monuments Historiques en 2008, est désormais un espace culturel accueillant expositions, résidences d’artistes et recherches sur l’œuvre du peintre. Son architecture, mêlant atelier et villa, reflète la dualité entre vie parisienne et attachement à la campagne franche-comtoise.
Un premier atelier ornanais, situé place des Isles Basses (aujourd’hui place Courbet), fut aménagé par le peintre dans le grenier de la maison de ses grands-parents dès 1847. Ce lieu, où il réalisa Un enterrement à Ornans (1849-1850), était décoré d’un ciel peint parsemé d’hirondelles, préfigurant les décors de son atelier ultérieur. Bien que propriété privée, ce site historique porte une plaque commémorative rappelant son importance dans la carrière de Courbet.
Le projet initial de Courbet incluait un parc paysager de près de 86 ares, planté de cerisiers et pommiers, conçu comme un atelier à ciel ouvert. Le peintre y accumula collections naturalistes (papillons, serpents) et objets inspirant ses œuvres, comme des cors de chasse ou des bois de cerf. Ce « musée personnel » fut détruit lors du pillage de 1871, mais les archives et lettres de Courbet en décrivent l’organisation méticuleuse, entre cabinet de curiosités et espace de création.
Depuis 2022, l’atelier restauré fait partie du Pôle Courbet, un centre de recherche et de médiation dédié à l’artiste. Le site, complété par la villa Courbet (ancienne extension de Juliette), accueille des événements culturels et des expositions temporaires, comme celle de Yan Pei-Ming en 2019. Ce lieu patrimonial illustre à la fois l’héritage artistique de Courbet et la réhabilitation moderne d’un monument longtemps oublié.