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Atelier de potiers du Chatigny de Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône

Patrimoine classé Patrimoine industriel Atelier de potier

Atelier de potiers du Chatigny de Luxeuil-les-Bains

    2 Rue Victor-Genoux
    70300 Luxeuil-les-Bains
Propriété de la commune
Atelier de potiers du Chatigny de Luxeuil-les-Bains
Atelier de potiers du Chatigny de Luxeuil-les-Bains
Crédit photo : Remi Mathis - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1881
Première découverte de moules
1978-1988
Fouilles archéologiques majeures
1ᵉʳ septembre 1988
Classement monument historique
1994
Construction du bâtiment muséographique
2009
Restauration et ouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble des fours (cad. AL 32) : classement par arrêté du 1er septembre 1988

Personnages clés

Alfred Vaissier - Historien local Étudia les poteries estampillées séquanes (XIXe siècle).
Lucien Lerat - Archéologue, directeur des antiquités Publia l’étude fondatrice sur la sigillée de Luxeuil (1960).
Yves Jeannin - Archéologue et céramologue Coauteur de l’étude sur les productions du Chatigny.
Philippe Kahn - Archéologue et muséographe Conçut l’affichage didactique du site (2009).

Origine et histoire

L’atelier de potiers du Chatigny, situé à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), est un établissement artisanal romain actif aux Ier et IIe siècles. Implanté dans la civitas des Séquanes, près de la cité thermale de Luxovium, il bénéficiait d’un emplacement stratégique : proche des sources, des forêts (pour le bois de chauffe) et des axes routiers contournant les Vosges. Les fours, découverts entre 1978 et 1988, étaient regroupés en deux ensembles distincts, dont huit autour d’une aire de chauffe commune creusée à 1,5 m de profondeur. Leur exceptionnel état de conservation, notamment celui du four B (à tubulures, similaire à un modèle de Lezoux), a motivé leur classement comme monument historique en 1988.

La production de l’atelier, analysée à partir de 50 000 tessons, se répartissait en quatre catégories : terra nigra (marginale), céramique sigillée (notoire mais minoritaire), céramique à paroi fine (gobelets et assiettes dominants), et céramique commune (assiettes, mortiers, cruches). Les fouilles ont révélé deux phases de production : une première associant sigillée rouge et métallique (modèles Drag. 64-68), une seconde limitée à la sigillée rouge (Drag. 37), datée du dernier tiers du IIe siècle. L’atelier approvisionnait principalement la région, notamment la cité voisine d’Epomanduodurum (Mandeure), avec quelques traces de diffusion jusqu’en Ardèche ou dans le Haut-Rhin.

Les premières mentions de l’activité potière à Luxeuil remontent au XVIIIe siècle, avec la découverte de moules en 1881. Les fouilles systématiques (1978-1988, puis 1991) ont exhumé neuf fours, dont quatre près du cimetière moderne. Malgré la destruction partielle des vestiges lors de travaux en 1950, le site a été protégé et mis en valeur : un bâtiment muséographique (1994) abrite les fours, tandis que les objets sont exposés au Musée de la Tour des Échevins. Les analyses archéomagnétiques (Université de Genève) ont confirmé une activité s’étendant sur un siècle et demi, faisant du Chatigny le seul atelier francomtois connu pour sa diversité et sa longévité.

Le classement de 1988 soulignait la rareté des structures conservées, comme le four à tubulures ou l’aire de chauffe bordée de murs en grès. Les potiers utilisaient des argiles locales et des techniques variées (cuisson directe, tubulures), adaptées à chaque type de céramique. La présence d’un bassin de décantation et d’ateliers annexes, bien que non localisés, est suggérée par les rebuts de production. Aujourd’hui, le site, propriété communale, offre un témoignage unique de l’artisanat gallo-romain en Bourgogne-Franche-Comté, complété par des panneaux didactiques et une muséographie dédiée.

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